Spectrophotomètre

Un spectrophotomètre est un instrument permettant de réaliser une mesure spectrophotométrique[1]. Un spectromètre, ou spectroscope, est un appareil qui permet d'effectuer une mesure spectrométrique de l'absorbance d'une solution à une longueur d'onde donnée ou sur une région donnée du spectre.

Principe

Selon la loi de Beer-Lambert, l'absorbance d'une solution est proportionnelle à la concentration des substances en solution, à condition de se placer à la longueur d'onde à laquelle la substance absorbe les rayons lumineux. C'est pourquoi la longueur d'onde est réglée en fonction de la substance dont on veut connaître la concentration.

est la transmittance de la solution.
Spectre d'absorbance de NAD+ et de NADH,H+ (wavelength=longueur d'onde)

Ici les deux spectres sont superposés, pour les réaliser indépendamment on a mesuré l'absorbance d'une solution de NAD+ (respectivement de NADH,H+) à différentes longueurs d'onde (toutes choses égales par ailleurs).

La longueur d'onde d'absorbance maximale est ici max=260 nm pour les deux molécules. Il sera donc préférable de travailler à cette longueur d'onde. En revanche, si on veut doser NADH,H+ lors d'une réaction enzymatique où le NAD+ est réduit en NADH,H+ par exemple, il est plus judicieux de travailler à =340 nm car ici on ne mesure que NADH,H+ car l'absorbance de NAD+ est nulle même s'il est présent dans le mélange.

Les spectromètres Infrarouge (IR) sont essentiellement utilisés pour l’identification. On peut dire que, pratiquement, les spectromètres UV-visible sont utilisés pour des analyses quantitatives alors que les spectromètres IR sont des instruments qualitatifs. Tous deux utilisent les principes optiques semblables, mais le spectromètre IR balaye en fréquence l’échantillon.

Galerie :

Le spectromètre UV-visible (UV : ultraviolet) comprend :

Le solvant et le(s) réactif(s) utilisés n'étant pas toujours transparents, il est obligatoire de réaliser un « blanc » ou témoin de compensation, c'est-à-dire une mise à zéro du dispositif (tarer), en ne plaçant que le solvant et le(s) réactif(s) utilisés dans la cuvette, avant la mesure de la cuvette contenant l'échantillon, et ce pour chaque longueur d'onde étudiée.
Les modèles de recherche sont généralement à double faisceau et utilisent deux cuvettes, la cuvette de référence contenant le solvant et le(s) réactif(s), et la cuvette contenant l'échantillon (avec solvant et réactif(s)). Le liquide de la cuvette de référence est alors soustrait automatiquement (fonction auto-zéro) ;

La spectrométrie est utilisée principalement pour connaître la concentration d'une solution colorée (procédé appelé dosage colorimétrique).

Domaines d'application

Schéma de principe.

En biologie

Pour une solution d'ADN purifiée, le rapport R. doit être compris entre 1,8 et 2. Si R est nettement inférieur à 1,8 alors des protéines contaminent probablement la solution. Supérieur à 2, ce rapport indique une probable contamination par des ARN.

R = (A260 - A320)/(A280 - A320)
R est simplifié lorsque (cas fréquent) A320 = 0.

La concentration d'ADN peut être calculée à partir de la mesure à 260 nm en utilisant un facteur de corrélation :

En biochimie, il est utilisé lors de la purification de protéines, pour les quantifier (longueur d'onde 280 nm) et déterminer leur niveau de pureté (longueur d'onde 260 nm).

En médecine

L'analyse cinétique de différentes enzymes sanguines, dosage de la phosphatase alcaline : cholestase, lactate déshydrogénase : infarctus du myocarde, hémolyse.

En physique

L'analyse de la lumière permet de déterminer les composants chimiques à l'origine de l'émission lumineuse : par exemple, la composition chimique des étoiles.

En chimie

L'analyse de l'absorption des solutions à une longueur d'onde donnée permet le dosage de ces solutions selon la loi de Beer-Lambert (la concentration est proportionnelle au logarithme de l'absorption lumineuse). Il y a donc relation directe entre la quantité de lumière absorbée et la concentration en composé chimique de la solution. Le suivi dans le temps de l'absorption est une méthode de caractérisation de la vitesse de réactions chimiques (cinétique).

Un balayage en fréquence permet de caractériser l'espèce présente en solution en remontant à la nature de la transition énergétique considérée.

Dans les industries graphiques

Il permet de mesurer les couleurs afin de calibrer des périphériques de sortie tels que les traceurs.

Bibliographie

Voir aussi

Notes et références

  1. Cf. G. Bruhat (2005), Optique, sixième édition, Dunod : § Spectrophotométrie.
  2. Par homogénïté avec l'unité utilisée généralement pour le coefficient d'absorption molaire, on exprime la longueur en cm. C'est pour cela que la plupart des cuvettes sont standardisées à L=1 cm.