Métrique de Vaidya

En relativité générale, la métrique de Vaidya est une solution exacte et explicite de l'équation d'Einstein en l'absence de constante cosmologique [1]. Elle décrit un objet à symétrie sphérique qui émet (resp. absorbe) de la poussière, de sorte que sa masse décroît (resp. s'accroît) au cours du temps[2]. Elle représente la plus simple généralisation dynamique (c.-à-d. non statique) de la métrique de Schwarzschild[2]. Son éponyme est le physicien et mathématicien indien Prahalad Chunnilal Vaidya (en) (-)[2] que l'a présentée en [3].

L'espace-temps de Vaidya a quatre dimensions[4]. Il n'est pas vide mais est empli de poussière isotrope[5].

Dans le cas d'une émission, la métrique est dite sortante[6] et s'écrit[7],[8],[9] :

et, dans le cas d'une absorption, elle est dite entrante[10] et s'écrit[7],[11],[12] :

,

 :

  • est la vitesse de la lumière dans le vide[13] ;
  • est la constante gravitationnelle[13] ;
  • est la métrique d'une sphère unité[13],[14] :  ;
  • est la colatitude[15] :  ;
  • est la longitude[15] :  ;
  • est le rayon aréolaire[14],[16] : , avec[17],[15]  ;
  • (resp. ) est une fonction arbitraire de la coordonnée (resp. )[14] ;
  • et sont deux coordonnées de genre lumière[18] avec[17] et [15]  ;
  • et sont deux coordonnées de genre temps, à savoir :
    • est le temps retardé[19],[20] ;
    • est le temps avancé[19],[10].

Les deux expressions de la métrique peuvent être réunies comme suit[21] :

,

avec[22]

Avec , la métrique de Vaidya se réduit à celle de Schwarzschild[23] :

,

 :

  • est le rayon de Schwarzschild ;
  • est défini par la relation[24] : .

Poussière isotrope

La poussière isotrope est un fluide[6],[10] :

  • sans pression[6],[10] :  ;
  • dont la densité d'énergie est : , avec[6],[10]
  • dont la quadrivitesse est , avec[6],[10]

Utilisations

La métrique de Vaidya connaît un certain nombre d'applications astrophysiques et théoriques. Par exemple, elle est utilisée pour décrire l'émission de rayonnements par des objets astrophysiques[22],[25]. Elle est aussi prise en compte dans les études sur l'effondrement gravitationnel[22],[25],[26] à symétrique sphérique[27], la formation et l'évolution des horizons des trous noirs[26] ainsi que la formation de singularités nues[22],[27] ou encore les modes quasi-normaux des trous noirs[27]. Elle est utilisée comme modèle-jouet[26] de l'évaporation des trous noirs[22],[25] par rayonnement de Hawking[27]. Elle est encore utilisée en théorie des cordes[26] et en holographie[26].

Histoire

La métrique de Vaidya[28] est ainsi désignée à la suite de Richard W. Lindquist, Robert A. Schwartz et Charles W. Misner (-)[29],[30],[31]. Son éponyme est le physicien et mathématicien indien Prahalad Chunnilal Vaidya (-)[32]. Il l'a présentée pour la première fois en [33],[34] comme solution de l'équation d'Einstein sans constante cosmologique [34] pour l'extérieur d'une étoile rayonnant un champ pouvant s'interpréter, à la limite newtonienne, comme la luminosité de l'étoile[33].

Pour Éric Gourgoulhon, la métrique de Vaidya sortante a été en fait dérivée pour la première fois par Henri Mineur (-) en [35],[36] comme solution de l'équation d'Einstein pour le « champ de gravitation » extérieur d'un « corps central » à symétrie sphérique dont la masse varie en raison du rayonnement d'un « flux énergétique lumineuse »[32].

En [37],[38],[39] et [37],[40],[41], Vaidya présente la métrique pour l'extérieur d'une étoile à symétrie sphérique et rayonnante[42].

Notes et références

  1. Duggal et Sahin 2010, chap. 3, sec. 3.3, ex. : 3, p. 119.
  2. 1 2 3 Emam 2021, chap. 7, sec. 7.6, p. 282.
  3. Newman 1986, sec. 3, p. 155.
  4. Booth 2013, sec. 5, § 5.1, p. 109.
  5. Booth 2013, sec. 5, § 5.1, no 5.1.1, p. 109.
  6. 1 2 3 4 5 Poisson 2004, chap. 4, sec. 4.3, § 4.3.5, p. 153.
  7. 1 2 Emam 2021, chap. 7, sec. 7.6, p. 282 (7.96).
  8. Griffiths et Podolský 2009, chap. 9, sec. 9.5, introduction, p. 156 (9.32).
  9. Poisson 2004, chap. 4, sec. 4.3, § 4.3.5, p. 152 (4.94).
  10. 1 2 3 4 5 6 Poisson 2004, chap. 5, sec. 5.1, § 5.1.8, p. 173.
  11. Griffiths et Podolský 2009, chap. 9, sec. 9.5, § 9.5.2, p. 162 (9.33).
  12. Poisson 2004, chap. 5, sec. 5.1, § 5.1.8, p. 173 (5.16) et (5.17).
  13. 1 2 3 Piesnack et Kassner 2022, sec. III, p. 3 col. 2.
  14. 1 2 3 Hellaby 1994, introduction.
  15. 1 2 3 4 Gourgoulhon 2025, chap. 15, sec. 15.2, § 15.2.1, p. 581.
  16. Gourgoulhon 2025, chap. 15, sec. 15.2, § 15.2.1, p. 582.
  17. 1 2 Coudray et Nicolas 2021, sec. 2, p. 5.
  18. Piesnack et Kassner 2022, sec. III, p. 5, col. 1.
  19. 1 2 Piesnack et Kassner 2022, sec. VI, p. 9, col. 2.
  20. Poisson 2004, chap. 4, sec. 4.3, § 4.3.5, p. 152.
  21. Berezin, Dokuchaev et Eroshenko 2017, sec. 1, p. 1, col. 1 (1).
  22. 1 2 3 4 5 Berezin, Dokuchaev et Eroshenko 2017, sec. 1, p. 1, col. 1.
  23. Griffiths et Podolský 2009, chap. 8, sec. 8.3, p. 116 (8.9).
  24. Griffiths et Podolský 2009, chap. 8, sec. 8.3, p. 116.
  25. 1 2 3 Berezin, Dokuchaev et Eroshenko 2020, sec. 1, p. 1.
  26. 1 2 3 4 5 Faraoni, Giusti et Fahim 2021, sec. 1, p. 1, col. 1.
  27. 1 2 3 4 Chirenti et Saa 2012, sec. 1, p. 1.
  28. Choquet-Bruhat 1969, sec. III, § 13, p. 31.
  29. Gourgoulhon 2025, chap. 15, sec. 15.2, § 15.2.1, p. 585, n. historique.
  30. Gourgoulhon 2025, bibliographie, p. 809 [342].
  31. Lindquist, Schwartz et Misner 1965.
  32. 1 2 Gourgoulhon 2025, chap. 15, sec. 15.2, § 15.2.1, p. 584, n. historique.
  33. 1 2 Griffiths et Podolský 2009, chap. 9, sec. 9.5, introduction, p. 156.
  34. 1 2 Stephani et al. 2003, chap. 15, sec. 15.4, § 15.4.1, table 15.1, p. 231.
  35. Gourgoulhon 2025, bibliographie, p. 810 [361].
  36. Mineur 1933, IVe partie, no 24, p. 47 (21).
  37. 1 2 Gourgoulhon 2025, bibliographie, p. 819 [479].
  38. Vaidya 1943.
  39. Vaidya 1999a.
  40. Vaidya 1951.
  41. Vaidya 1999b.
  42. Gourgoulhon 2025, chap. 15, sec. 15.2, § 15.2.1, p. 584-585, n. historique.

Bibliographie

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Manuels d'enseignement supérieur

Notes de cours ou de conférences

  • [Gourgoulhon 2025] (en) Éric Gourgoulhon, Geometry and physics of black holes : lecture notes, Meudon et Paris, LUX (UMR 8262), , 840 p., 21 × 29,7 cm (présentation en ligne, lire en ligne Accès libre [PDF]).

Études

Articles historiques

  • icône décorative Portail de la physique