Chronologie de la physique microscopique

Cette page physique microscopique présente dans leur ordre historique, la découverte des concepts liés aux petites pièces qui forment la matière.

La connaissance de l'infiniment petit ne s'est faite que progressivement, au travers de l'évolution de différentes sciences et techniques, dont, la philosophie, la métallurgie, la thermodynamique, l'alchimie et la chimie, l'électricité, l'optique, la cristallographie, le magnétisme, la physique, la mécanique quantique. La question sous-jacente étant de savoir comment les phénomènes visibles se comportent à petite échelle.

Cette histoire commence par des spéculations philosophiques et des techniques de production, pour nous conduire dans les jours présents aux expériences en accélérateur de particules, tout aussi spéculatives.

Philosophie, Mythologie

  • 2500 (aec, avant notre ère, -2500), dans le mythe babylonien Enuma Elish, l'eau est le substrat primordial à l'origine de tout[1].
  • Les Grecs pensaient qu'il existait un matériau primordial chaotique à partir duquel le Chaos était devenu le Cosmos[2].
  • Entre 650 et 400 aec : pour Thalès la matière primordiale était l'eau sous ses trois formes : solide, liquide et gazeuse. Pour Anaximène c'était l'air. Pour Héraclite le feu. Empédocle fut le premier à postuler la présence de 5 éléments primordiaux : la terre, l'eau, le feu, l'air et la quinte essence, substance très légère qui baignait l'univers tout entier[2].
  • vers 500 aec, Leucippe émet l'idée que la matière est composée d'unités fondamentales indivisibles, les atomes du grec atomos qui veut dire insécable et l'idée d'un espace vide au sein duquel les atomes peuvent évoluer[3].
  • 440 aec À la suite de Leucippe, son disciple Démocrite développe l'idée d'un univers de taille infinie et constitué d'espace vide habité par des particules solides et indivisibles, de formes et tailles différentes, toutes en mouvement. Il fonde la théorie atomiste qui sera ensuite intégrée à l'épicurisme[4]
  • vers 400 aec, Platon et surtout son disciple Aristote reprennent l'idée d'Empédocle : L'espace n'est pas vide, il est baigné d'une substance informe l'éther qui s'ajoute aux quatre autres éléments[5]. L'idée aristotélicienne de l'horror vacui (« la nature a horreur du vide ») va occuper tout le Moyen Âge[6]
  • vers 70 aec, Lucrèce, vulgarisateur de l'atomisme, décrit la nécessité du vide dans son poème De la nature des choses[4] et la pluralité des mondes[7].
  • À la même époque, l'Inde connait une philosophie (système Vaiseshika) dans laquelle rien ne se perd.
  • vers 1220, dans l'Edda poétique, l'univers n'est pas né du néant mais de deux constituants : l'un est constitué de froid et de glace, et l'autre de feu et de flammes. L'eau est à la rencontre de ces deux éléments primordiaux[1].

Les débuts de la chimie

  • À la fin du XIIIe siècle, le vide est devenu un sujet scientifique à part entière[8].
  • 1662 : Robert Boyle découvre la loi dite « de Boyle-Mariotte » donnant pour constant le produit pression volume d'un gaz. Il en déduit que la matière est composée de particules primaires et rejette donc les conceptions aristotélicienne et alchimique qui basaient la matière sur quatre éléments : la terre, l'air, l'eau et le feu.
  • Vers 1700, Isaac Newton, fervent partisan de la théorie corpusculaire de la lumière découvre un système d'interférences appelé Anneaux de Newton. C'est à Christian Huygens que revient l'honneur de formuler la première théorie ondulatoire de la lumière[9] qui restera en retrait durant 100 ans.
  • 1766 : Henry Cavendish découvre et étudie l'hydrogène.
  • 1778 : Carl Scheele et Antoine Lavoisier découvrent que l'air est composé essentiellement d'azote et d'oxygène.
  • 1781 : Joseph Priestley crée de l'eau par combustion d'hydrogène et d'oxygène.
  • 1789 : Antoine Lavoisier établit que la masse de la matière se conserve pour chaque élément chimique et pour l'ensemble des éléments chimiques participant à une réaction.
  • 1800 : William Nicholson et Anthony Carlisle utilisent l'électrolyse pour séparer l'eau en hydrogène et oxygène
  • 1805 : Thomas Young réalise l'expérience des fentes de Young.
  • 1808 : John Dalton introduit la théorie des atomes en chimie et établit que la matière est composée d'atomes de différentes masses : le poids atomique[10].
  • 1811 : Amedeo Avogadro établit que des volumes égaux de gaz doivent contenir un nombre égal de molécules.
  • 1820 : Hans Christian Ørsted démontre la connexion intime entre l'électricité et le magnétisme en observant la déviation de l'aiguille d'une boussole en présence d'un courant électrique. Mickaël Faraday montrera l'inverse en 1831 : un aimant qui bouge crée un courant électrique[11].
  • 1821 : Augustin Fresnel, armé du principe d'économie, parvient à décrire[12] la théorie ondulatoire de la lumière et le principe d'interférence[13].
  • 1832 : Michael Faraday établit la théorie fondamentale de l'électrolyse.
  • 1864 : James Clerk Maxwell réussit à faire la synthèse des diverses connaissances de l'époque en électricité et magnétisme : les 4 équations de Maxwell[14].
  • 1871 : Dmitri Mendeleïev examine son tableau périodique, établi en 1869, et prédit l'existence du gallium, du scandium, et du germanium.
  • 1873 : Maxwell parvient à faire la synthèse de l'électricité, du magnétisme et de l'optique[15].
  • 1873 : Johannes van der Waals introduit l'idée qu'il existe des forces faibles attractives entre les molécules.
  • 1885 : Johan Balmer trouve l'expression mathématique qui donne la longueur d'onde des différentes raies du spectre de l'hydrogène.
  • 1887 : Heinrich Hertz découvre l'effet photoélectrique.
  • 1887 : Albert Michelson et Edward Morley, grâce à une expérience d'interférométrie sur le vent d'éther, montre que la vitesse de la lumière est constante quelle que soit sa direction de propagation et quel que soit le mouvement du référentiel de l'observateur[16].
  • 1894 : Lord Rayleigh et William Ramsay découvrent l'argon par analyse spectroscopique du gaz restant après le retrait de l'azote et de l'oxygène de l'air.
  • 1895 : William Ramsay découvre l'hélium terrestre par analyse spectroscopique du gaz produit par la désintégration de l'uranium.
  • 1896 : Henri Becquerel découvre la radioactivité de l'uranium.
  • 1896 : Pieter Zeeman étudie la décomposition des raies D du sodium quand il est chauffé dans un champ magnétique intense.
  • 1897 : Joseph John Thomson découvre l'électron, signifiant ambre en grec.
  • 1898 : William Ramsay et Morris Travers découvrent le néon, le krypton, et le xénon.
  • 1898 : Marie et Pierre Curie isolent et étudient le radium et le polonium.
  • 1899 : Ernest Rutherford découvre que les rayonnements émis par l'uranium sont composés de particules alpha chargées positivement et de particules bêta chargées négativement.

L'ère de la mécanique quantique

La formation et le succès du modèle standard

Notes et références

  1. 1 2 Trinh Xuan Thuan 2016, p. 46
  2. 1 2 Trinh Xuan Thuan 2016, p. 48
  3. Trinh Xuan Thuan 2016, p. 49
  4. 1 2 Trinh Xuan Thuan 2016, p. 50
  5. Trinh Xuan Thuan 2016, p. 51
  6. Trinh Xuan Thuan 2016, p. 53
  7. Trinh Xuan Thuan 2016, p. 57
  8. Trinh Xuan Thuan 2016, p. 58
  9. Trinh Xuan Thuan 2016, p. 105 et 106
  10. Trinh Xuan Thuan 2016, p. 144
  11. Trinh Xuan Thuan 2016, p. 120
  12. Augustin Fresnel, Mémoire sur la diffraction de la lumière, vol. 5, Mémoires de l'Académie des Sciences, .
  13. Trinh Xuan Thuan 2016, p. 117
  14. Trinh Xuan Thuan 2016, p. 123
  15. Trinh Xuan Thuan 2016, p. 125
  16. Trinh Xuan Thuan 2016, p. 131

Voir aussi

Bibliographie

  • Jack Lindsay, Les origines de l'alchimie dans l'Égypte gréco-romaine, Le Rocher,
  • Trinh Xuan Thuan, La Plénitude du Vide, Paris, Albin Michel, , 341 p. (ISBN 9782226326423).
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