
| Caloporteur |
Eau légère |
|---|---|
| Modérateur |
Eau légère |
| Neutrons |
Thermiques |
Un réacteur à eau pressurisée (REP) est une filière de réacteur nucléaire de la famille des réacteurs à eau légère. Il s'agit de la filière de réacteur la plus répandue au monde, qui compte 306 des 413 réacteurs nucléaires de puissance en fonctionnement au début 2026.
Le combustible nucléaire d'un REP est de l'oxyde d'uranium faiblement enrichi, avec une proportion d'isotope uranium 235 fissile comprise entre 3 et 5 % pour les réacteurs civils destinés à la production d'électricité.
La conception d'un REP se décompose en trois circuits successifs et indépendants de fluide caloporteur, qui lui permettent d'exploiter l'énergie libérée par la fission des atomes d'uranium contenus dans le cœur.
Le circuit primaire utilise de l'eau ordinaire dite eau légère (par opposition à l'eau lourde) comme caloporteur et comme modérateur. Cette eau primaire, qui réfrigère le cœur du réacteur, est maintenue sous haute pression à environ 150 bar pour rester sous forme liquide, donnant son nom au réacteur à eau pressurisée. Le circuit secondaire utilise également de l'eau légère qui est vaporisée par transfert thermique au contact du circuit primaire dans des générateurs de vapeur. Cette vapeur se détend ensuite dans une turbine couplée à un alternateur afin de produire de l'électricité. Enfin, le circuit de refroidissement « tertiaire » refroidit dans le condenseur l'eau vaporisée du circuit secondaire après son passage dans la turbine, et lui permet de retourner à l'état liquide. L'eau de refroidissement provient d'une source froide extérieure à la centrale qui peut être la mer, une rivière ou un dispositif aéroréfrigérant (tour ou ventilateur).
Le principe du fonctionnement d'un REP est assez proche de celui des réacteurs à eau bouillante (REB), qui est l'autre grande filière de réacteur à eau légère. À la différence d'un REP, les REB n'ont pas de circuit secondaire : l'eau du circuit primaire bout directement dans le cœur du réacteur, produisant une vapeur qui est orientée vers la turbine.
Les navires et sous-marins nucléaires utilisent également une forme plus compacte de REP, fonctionnant avec de l'uranium moyennement enrichi jusqu'à 20 %.
Le réacteur à eau pressurisée (REP) est une technologie née aux États-Unis, d'abord employée pour la propulsion des sous-marins. Les premières centrales nucléaires exploitant ce type de réacteur ont été conçues aux États-Unis par Westinghouse. Les Soviétiques développent également une filière de REP à partir des années 1960 avec leurs réacteurs VVER, secondairement repris par la Russie à partir de 1991[1].
Aux États-Unis, ces réacteurs sont initialement conçus au laboratoire national d'Oak Ridge pour être utilisés comme centrale nucléaire sous-marine avec une centrale électrique sous-marine entièrement opérationnelle située au laboratoire national de l'Idaho. Des travaux de suivi sont menés par Westinghouse Bettis Atomic Power Laboratory. Le programme d'énergie nucléaire de l'armée américaine a exploité des réacteurs à eau sous pression de 1954 à 1974.
En 1953, le programme Atoms for Peace du président américain Eisenhower promeut l'utilisation de l'énergie atomique à des fins pacifiques à l’échelle nationale et internationale[2],[3]. Aux États-Unis, trois entreprises vont alors concevoir des REP civils à but électrogène : Westinghouse, Combustion Engineering et Babcock & Wilcox[4]. En Europe, les premiers REP sont construits sous exploitation de la licence Westinghouse, d'abord par les Belges avec le réacteur BR-3, puis par d'autres pays d'Europe de l'Ouest (France, République fédérale Allemande, Espagne, Suède, Suisse, etc.). Dans un second temps, certains pays développent leurs propres modèles de REP sur la base des technologies américaines[5]. C'est notamment le cas en France des réacteurs CP0, CP1, CP2, P4/P'4 et N4, ou en l'Allemagne du réacteur Konvoi[6]. Ainsi, les 57 réacteurs électrogènes français en exploitation sont tous des REP (jusqu'en 1969, la France misait sur une autre technologie, l'UNGG, abandonnée pour des raisons de rentabilité et de sûreté)[7]. La dernière évolution des REP sont des modèles de troisième génération :


Le combustible nucléaire d'un REP est généralement de l'oxyde d'uranium faiblement enrichi. La proportion d'isotope uranium 235, fissile, y varie de 3 à 5 % selon les pays. Dans le parc français, le combustible MOX, à 7 % d'oxyde de plutonium, est aussi utilisé. Les REP sont généralement rechargés tous les 12 ou 18 mois. À chaque fois, environ un tiers de la charge est remplacée ; la gestion exacte dépend du type et de l'enrichissement du combustible[10],[11].
Le combustible se présente sous la forme d'environ 272 petites pastilles (de 1,35 cm de hauteur) empilées et maintenues dans des gaines en zircaloy appelées « crayons » (totalisant environ 3,75 m), mises sous pression d'hélium. Ces 264 crayons combustibles sont agencés sous forme d'assemblages dont la tenue mécanique est assurée par des grilles. L'ensemble occupe 17 × 17 emplacements, y compris 25 espaces pour les barres de contrôle[12]. Selon les modèles de REP, on charge entre 120 et 250 assemblages dans la cuve du réacteur.
Les produits de la réaction nucléaire (produits de fission et transuraniens) sont confinés avec l'oxyde d'uranium à l'intérieur de la gaine des crayons pour éviter leur dissémination et la contamination du circuit primaire.
Au sein d'un réacteur à eau pressurisée, le contrôle de la réaction est assuré, à court terme, par l’insertion ou l’extraction des barres de commande dans les assemblages combustibles, et à moyen terme par variation de la concentration en bore dans l'eau du circuit primaire.
Les paramètres typiques de fonctionnement du circuit primaire donnés dans le cas du palier N4 sont les suivants :
En sortie des générateurs de vapeur, la vapeur d'eau secondaire possède les caractéristiques moyennes suivantes[Note 3] :
La vapeur d'eau sous haute pression est détendue dans le corps haute pression (HP) de la turbine, puis surchauffée avant de poursuivre sa détente dans les corps basse pression (BP). La turbine entraîne un alternateur qui produit l'électricité.
À la sortie de la turbine, la vapeur d'eau passe dans un condenseur afin de retourner à l'état liquide, puis d'en extraire certains gaz incondensables (tels l'oxygène) de l'eau. Cette eau est ensuite réchauffée avant de retourner aux générateurs de vapeur.
Dans la majorité des centrales sur fleuve ou rivière, la chaleur de l'eau du circuit secondaire est transférée à un circuit tertiaire, constitué principalement par une tour de réfrigération, dans laquelle l'eau est dispersée en fines gouttelettes, ce qui permet d'une part un bon échange entre l'eau et l'air et donc ramène l'eau à une température voisine de celle de l'air ambiant (voir température humide) et d'autre part sature en vapeur d'eau le débit d'air circulant de bas en haut dans la tour. Une partie du débit d'eau s'évapore dans la tour, (environ 500 à 1 000 L/s dépendant des conditions climatiques du moment, soit un débit massique d'un ordre comparable au débit de vapeur produit par les générateurs de vapeur de la centrale)[réf. nécessaire] le reste tombe en pluie dans le bassin situé en dessous de la tour où il est pompé et retourne refroidir le condenseur. L'eau évaporée est remplacée par de l'eau venant du fleuve ou de la rivière. L'eau tertiaire qui sert au refroidissement des condenseurs des turbines de la centrale est pompée en amont de la tour de réfrigération dans le fleuve ou la rivière.
Comme n'importe quel type de centrale thermique (nucléaire ou à flamme), un REP est réfrigéré par un grand débit d'eau froide pompée d'un fleuve ou de la mer qui constitue la source froide du cycle thermodynamique. La plupart des réacteurs refroidis à partir d'eau de rivière sont équipés d'une tour de réfrigération destinée à évacuer la chaleur du circuit tertiaire de réfrigération des condenseurs de la turbine, et éviter d'augmenter trop sensiblement la température de ces cours d'eau.
Dans le cas du réacteur à eau pressurisée le choix correct des conditions de fonctionnement (température du modérateur et du combustible) et de la géométrie du réseau dans le cœur (dessin détaillé du combustible et des canaux du modérateur) peut conduire à un fonctionnement auto-stable du réacteur.
Exemple : le réacteur étant initialement en fonctionnement stable à 100 % de puissance, une réduction à 50 % de la puissance appelée par la turbine survient assez rapidement (quelques minutes). Elle se traduit par une diminution du débit vapeur secondaire qui provoque une élévation de la température primaire de sortie des générateurs de vapeur laquelle provoque une élévation de la température de l'eau dans le cœur. La diminution de réactivité provoquée par l'augmentation de la température du modérateur conduit à une diminution de la puissance du réacteur. Le débit primaire reste constant. Au terme de quelques minutes un nouvel état stable est obtenu :
|
avec:
Tvap = température vapeur
h = constante
W = puissance
d'où h = 4,444 %/°C
°C
Dans cet exemple, la réduction de puissance de 100 % à 50 % est obtenue au prix d'une augmentation de la température moyenne primaire de 11,7 °C par auto-régulation du réacteur sans aucune manœuvre des absorbants de contrôle de la réactivité ni de changement du débit primaire[Note 5]. La température de sortie du cœur est quasiment inchangée. La pression vapeur est augmentée de 28 bar environ. La dilatation de l'eau primaire provoque une entrée d'eau au pressuriseur.
En pratique, une action sur les barres de contrôle permet de respecter plus précisément le programme de température primaire (généralement légèrement croissant avec la puissance) ce qui évite une montée trop importante de la pression vapeur secondaire, limite l'entrée d'eau au pressuriseur et le réchauffement de la température d'entrée cuve, mais on peut concevoir que, dès lors que la réponse naturelle du réacteur permet seule de réguler la puissance, l'action des opérateurs ou des automatismes en est d'autant facilitée.
On suppose que le seul matériau fissile est l'uranium 235. Les nombres indiqués sont des ordres de grandeur. 100 fissions d'uranium 235 libèrent en moyenne 250 neutrons, qui donnent lieu aux réactions suivantes :
À tout moment, la réaction en chaîne doit être maîtrisée afin de contrôler la puissance du réacteur. La puissance thermique du réacteur est principalement produite par la fission des atomes de combustible fissibles (environ 90 %). L'autre partie est dégagée par les produits de fission radioactifs (moins de 10 %), qui émettent de la chaleur et des rayonnements en retrouvant un état stable.
La durée de décomposition des produits de fission ne peut être modifiée. On modifie donc la puissance du réacteur en augmentant ou diminuant le nombre de neutrons participant à la réaction en chaîne. Pour ce faire, on utilise deux phénomènes physiques : la modération et la capture.
La capture peut être effectuée par un ajout d'acide borique dans l'eau du circuit primaire. En capturant les neutrons issus des désintégrations, on empêche ceux-ci d'entretenir la réaction en chaîne (Poison à neutrons). Les barres de contrôles, également neutrophages, peuvent être insérées ou retirées dans le réacteur afin de capturer plus ou moins de neutrons. Un arrêt automatique du réacteur est provoqué par la chute de ces barres de contrôle.
L'ajout d'acide borique dans le circuit primaire est relativement lent (15 minutes) et sert à compenser les phénomènes lents, tels que l'empoisonnement Xénon/Samarium ou l'usure du combustible. Les barres de contrôle (ou grappes) servent à ajuster la puissance du cœur lors de transitoires plus rapides. L'insertion des grappes a pour effet négatif de provoquer une déformation du flux importante (répartition de la puissance du réacteur en fonction de la hauteur).
Pour que la réaction en chaîne se produise dans un réacteur REP, il est nécessaire de thermaliser les neutrons, c'est-à-dire de les ralentir. Le pouvoir de modération de l'eau dépend de sa température. Ainsi dans une certaine limite, la puissance peut être modifiée en changeant la température.
Les pompes primaires sont des pompes hélico-centrifuges de très grande puissance (près de 7 MWe par pompe[Note 6]) développant une hauteur manométrique de 100 m environ au débit nominal (environ 24 000 m3/h). 24 500 m3/h et 106 m de hauteur manométrique dans le cas du palier N4. Il s'agit de pompes « à garniture », la puissance du moteur étant trop élevée pour tolérer une conception à rotor noyé et étanchéité totale. Les pompes primaires sont généralement mono-vitesse de rotation (la rotation dépend de la fréquence du réseau dans le cas de moteur synchrone). Cette forte puissance est cependant mise à profit pour réchauffer le circuit primaire depuis l'arrêt à froid jusqu'à rallier les conditions prescrites de divergence. Les pompes primaires principales sont munies d'un volant d'inertie destiné à modérer la décroissance du débit en cas de coupure d'alimentation électrique de la pompe donnant ainsi le délai nécessaire à la chute des absorbants pour interrompre la réaction en chaîne.
En cas d'arrêt total des pompes primaires, la circulation de l'eau est assurée par la différence de température (et donc de masse volumique) entre la branche chaude, réchauffée par le cœur, et la branche froide, refroidie par les générateur de vapeur. Ce fonctionnement en thermosiphon permet de garantir le refroidissement du cœur en cas de défaillance de toutes les pompes primaires ou de leur alimentation électrique[13].
Les boucles primaires sont des tuyauteries de fort diamètre (près de 0,75 m) et d'épaisseur voisine de 7 cm qui ne présentent guère de souplesse ; la conception des fixations des générateurs de vapeur et des pompes primaires tolèrent la dilatation des boucles.
Les générateurs de vapeur sont le plus souvent des évaporateurs à tubes en U verticaux et recirculation produisant une vapeur saturée sèche grâce à un étage de séparation séchage en partie supérieure. Cependant les générateurs de vapeur de type Babcok sont à tubes droits et simple passage et les générateurs des centrales VVER russes sont à axe horizontal, disposition favorable du point de vue de la tenue au séisme.
Le pressuriseur est un réservoir de forme cylindrique (de 30 m3 pour les tranches 900 à 60 m3 pour les tranches 1300 françaises), connecté à une boucle chaude du circuit primaire par une ligne d'expansion. Ce cylindre vertical d’environ 13 m de haut et d'un diamètre compris entre 2,5 et 3 m, est construit en acier spécial. Ses fonctions sont de compenser l’expansion de l’eau due à sa dilatation thermique, et de maintenir constante la pression de l'eau du circuit primaire à 155 bars. La température de l'eau dans le pressuriseur est maintenue à la température de vaporisation de l'eau à 155 bars (soit environ 345 °C) grâce à une série de cannes chauffantes électriques implantées en partie basse (à l'image des chauffe-eau ordinaires) et d'un système d'aspersion du matelas de vapeur. Il porte aussi les soupapes de sûreté du circuit primaire tarées à environ 172 bars. En tant que pièce majeure associée au réacteur à eau pressurisée, il fait l'objet d'une exclusion de rupture, c'est-à-dire qu'il est conçu et entretenu de manière qu'il ne puisse pas se rompre[14],[15],[16].
Un REP est équipé de nombreux circuits destinés à assurer plusieurs fonctions auxiliaires de la fonction principale d'extraction de chaleur du cœur et de transfert vers les générateurs de vapeur. Ces circuits sont désignés par des groupes de trois lettres. Ils sont présentés par catégories ci-après.
Circuit de contrôle volumétrique et chimique (RCV) ; ce circuit assure notamment :
Différents niveaux et modes de redondance ont été appliqués au cours du temps aux circuits et autres fonctions auxiliaires sachant que dans REP en exploitation en France le nombre de files de sécurité est a priori égal aux nombres de boucles (les lignes de sécurité refoulent en effet dans la branche froide à l'aval des pompes primaires, donc sauf disposition particulière, il y a autant de lignes d'injection de sécurité que de boucles, mais par exemple il peut y avoir pour une même fonction deux pompes d'injection en parallèle sur une seule ligne).
Dans toute sa généralité le problème des redondances est donc compliqué. Pour illustrer la question à titre d'exemple : dans certains cas, les 4 lignes d'injection de certains projets ne sont pas dimensionnées pour assurer 100 % de la fonction et on parle par exemple d'une redondance à 4 fois 50 % à comparer à une organisation à 3 fois 100 %.
On dégage donc en un premier temps une conception d'ensemble reposant sur :
Au cours de son exploitation, un réacteur électrogène à eau sous pression peut se trouver dans les états suivants, définis dans ses spécifications techniques d'exploitation (STE)[20] :
Les caractéristiques comparatives des quatre paliers de REP exploités en France sont données dans le tableau ci-après[22].
| Section | Indicateur | Unité | 900 MWe | 1 300 MWe | 1 450 MWe | EPR |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Puissance | Puissance électrique nette | MW | 915 | 1 320 | 1 450 | 1 600 |
| Puissance électrique brute | MW | 965 | 1 370 | 1 530 | 1 700 | |
| Puissance thermique nominale | MWt | 2 785 | 3 817 | 4 250 | 4 324 | |
| Rendement | % | 31,6 à 33,1 | 34,1 à 35 | 35,7 à 35,9 | 37 | |
| Vitesse de rotation du groupe turboalternateur | tr/min | 1 500 | 1 500 | 1 500 | 1 500 | |
| Enceinte de confinement | Type[23] | simple | double | double | double | |
| Enceinte interne : béton précontraint | Béton précontraint | Béton précontraint | Béton précontraint | Béton précontraint | ||
| Peau d'étanchéité | avec | sans | sans | avec | ||
| Diamètre intérieur | m | 37 | 47,8 | 43,8 | 48 | |
| Hauteur intérieure au centre | m | 55,88 | 55,56 | 57,48 | 48 | |
| Épaisseur de paroi | m | 0,9 | 1,2 | 1,2 | 1,3 | |
| Volume intérieur total brut[Note 12] | m3 | 58 000 | 83 700 | 86 000 | 90 000 | |
| Enceinte externe : béton renforcé | Béton armé | Béton armé | Béton armé | |||
| Épaisseur de paroi | m | 0,55 | 0,55 | 1,3 | ||
| Circuit primaire | Pression de fonctionnement | bar | 155 | 155 | 155 | 155 |
| Température de l'eau à l'entrée de la cuve | °C | 286 | 292,8 | 292,2 | 295,6 | |
| Température de l'eau à la sortie de la cuve | °C | 323,2 | 328,7 | 329,6 | 330,2 | |
| Nombre de boucles | 3 | 4 | 4 | 4 | ||
| Volume du circuit primaire (avec pressuriseur) | m3 | 271 | 399 | 406 | 460 | |
| Cuve et couvercle (hors appendices) | Diamètre intérieur | mm | 4 003 | 4 394 | 4 486 | 4 885 |
| Hauteur totale | m | 13,2 | 13,6 | 13,645 | 13,105 | |
| Épaisseur de la paroi à hauteur du cœur | mm | 200 | 220 | 225 | 250 | |
| Matériau acier au carbone | 16MND5 | 16MND5 | 16MND5 | 16MND5 | ||
| Masse totale à vide | t | 332 | 435 | 462 | 520 | |
| Générateur de vapeur | Nombre | 3 | 4 | 4 | 4 | |
| Pression vapeur en sortie de GV à pleine charge | bar abs | 58 | 64,8 | 72,8 | 77,4 | |
| Température en sortie de GV | °C | 273 | 281 | 288 | 293 | |
| Débit de vapeur par GV | t/h | 1 820 | 1 909 | 2 164 | 2 197 | |
| Surface d'échange | m2 | 4 746 | 6 940 | 7 308 | 7 960 | |
| Hauteur totale | m | 20,6 | 22,3 | 21,9 | 24,2 | |
| Masse totale (sans eau) | t | 302 | 438 | 421 | 525 | |
| Cœur | Combustible : Pastilles cylindriques d'UO2 | |||||
| Hauteur active des crayons | mm | 3 660 | 4 270 | 4 270 | 4 200 | |
| Diamètre des pastilles | mm | 8,2 | 8,2 | 8,2 | 8,2 | |
| Diamètre externe des crayons | mm | 9,5 | 9,5 | 9,5 | 9,5 | |
| Matériaux de gainage des crayons | Zircaloy | Zircaloy | Zircaloy | M5 | ||
| Nombre de crayons par assemblage | 264 | 264 | 264 | 265 | ||
| Hauteur hors tout des assemblages[24] | mm | 4 120 | 4 870 | 4 870 | 4 870 | |
| Carroyage assemblages | mm | 214 | 214 | 214 | 214 | |
| Nombre d'assemblages de combustible dans le cœur | 157 | 193 | 205 | 241 | ||
| Masse UO2 par assemblage[24] | kg | 520 | 610 | 610 | 610 | |
| Masse UO2 coeur[24] | t | 81,640 | 117,730 | 125,050 | 147,010 | |
| Puissance linéique moyenne à puissance nominale | W/cm | 178 | 170,5 | 179,6 | 155 | |
| Contrôle de la réactivité | Nombre de grappes de contrôle | 57 | 65 | 73 | 89 | |
| Matériau absorbant | Ag.In.Cd | grappes hybrides Ag.In.Cd et B4C | ||||
| Pompe primaire | Débit nominal par pompe | m3/h | 21 250 | 23 325 | 24 500 | 27 195 |
| Puissance à l'accouplement à chaud | kW | 5 400 | 5 910 | 6 600 | 8 000 | |
| Hauteur manométrique totale | m | 90,7 | 96,6 | 106 à 190,2 | 98,1 | |
Une centrale nucléaire équipée de REP est organisée autour de plusieurs bâtiments, dont les principaux sont détaillés ci-après[25].
L'enceinte de confinement, formée d'une double paroi de béton pour les réacteurs de 1 300 et 1 450 MWe, et d'une unique paroi en béton recouverte par une peau métallique sur sa surface interne pour les réacteurs de 900 MWe, participe au confinement des matières radioactives. Il s'agit de la troisième barrière de confinement, la gaine du combustible (en zircaloy) et l'enveloppe du circuit primaire (en acier) constituant respectivement la première et la deuxième barrière.
Accolé au bâtiment réacteur, le bâtiment combustible sert surtout de sas d'accès pour le combustible.
La partie principale de ce bâtiment est la piscine de désactivation. Dans cette dernière, on entrepose le combustible usé avant son évacuation. Une règle est de laisser quoi qu'il arrive toujours assez de place dans cette piscine pour stocker tout le combustible contenu dans le cœur (en cas d'incident ou d'accident).
L'eau de la piscine contient 2 500 ppm d'acide borique, pour continuer à neutraliser les neutrons émis par les noyaux des éléments fissibles, mais qui sont trop peu nombreux pour entretenir une fission nucléaire. De plus, chaque élément combustible est disposé dans un alvéole, et la distance qui les sépare empêche l'obtention d'une masse critique. La réaction en chaîne ne peut donc pas redémarrer en piscine.
Toujours accolé au bâtiment réacteur et au bâtiment combustible, le BAN recèle tous les circuits utiles au fonctionnement du réacteur (chimie de l’eau traitée, etc.) ou au traitement des différents effluents, susceptibles de contenir des produits radioactifs. Ce bâtiment est donc une zone contrôlée du point de vue de la radioactivité (étanchéité dynamique, ventilation filtrée, etc.).
On trouve aussi dans ce bâtiment des systèmes de sauvegarde utilisés en cas d’incident ou d’accident (pour les tranches 900 MW).
Pour les centrales de 900 MWe, ce bâtiment est commun à deux tranches.

On trouve dans ce bâtiment tous les équipements électriques nécessaires au bon fonctionnement d’une tranche et de ses équipements de sauvegarde.
Ce bâtiment abrite également la salle de commande principale ainsi qu'un panneau de repli, qui permet d’arrêter la tranche en toute sécurité si la salle de commande est indisponible.
Pour les centrales de 900 MWe, ce bâtiment est commun à deux tranches. Pour les paliers P4, P'4 (1 300 MWe) et N4 (1 450 MWe), il y a un bâtiment par tranche.
La salle des machines comporte l'ensemble du circuit secondaire de la tranche (la turbine, le condenseur, les réchauffeurs, les pompes, etc.), ainsi que ses auxiliaires (graissage turbine, etc.).
Pour les centrales de 900 MWe de palier CP0 et CP1, la salle des machines est commune à deux tranches et parallèle à l'axe des réacteurs ; par contre, pour les centrales nucléaires de palier CP2 (cas de Chinon, Cruas et Saint-Laurent), ainsi que pour les centrales nucléaires ultérieures, la salle des machines de chaque tranche est positionnée perpendiculairement aux réacteurs « afin d’éviter que des projectiles résultant d’une rupture du turboalternateur puissent endommager l’enceinte de confinement du réacteur »[26],[25].
Les centrales françaises utilisent des turbines à vapeur fabriquées par Arabelle Solutions, qui utilisent le cycle de Rankine. Afin d'améliorer le rendement du système, l'eau liquide est réchauffée avant d'entrer dans les générateurs de vapeur et des surchauffeurs sont utilisés entre les turbines à haute et basse pression pour limiter l'humidité de la vapeur entrant dans la turbine basse pression[27].
Ce bâtiment n'existe que pour les paliers 1 300 MWe (P4 et P'4) et 1 450 MWe (N4). Les circuits de sauvegarde utilisés en cas d'accident y sont situés (RIS, EAS et ASG). Ce bâtiment est positionné sous le BL. Il comporte des parties en zone contrôlée et des parties hors zone contrôlée.
Dans un réacteur à eau pressurisée, de nombreux systèmes et équipements sont redondants, surtout ceux liés aux circuits primaire et secondaire, afin de diminuer le risque de défaillance aux conséquences dommageables pour les populations et l'environnement.
En France, les exploitants d'installation nucléaires doivent transmettre à l'Autorité de sûreté nucléaire leurs « règles générales d'exploitation » (RGE), qui décrivent entre autres les « spécifications techniques d'exploitation » (STE) de l'installation concernée[20].
Le , lors de l'accident nucléaire de Three Mile Island (États-Unis), une suite d’incidents a provoqué la fusion partielle du cœur du réacteur no 2, entraînant le relâchement dans l'environnement d'une faible quantité de radioactivité[28]. L'accident a été classé au niveau 5 de l'échelle INES.
En , l’exploitant du réacteur de la centrale nucléaire de Davis-Besse (États-Unis) découvre lors d'un contrôle effectué pendant un arrêt du réacteur, que l'acide borique présent dans le circuit primaire du réacteur a dissous localement la quasi-totalité de l'épaisseur du couvercle de la cuve à proximité d'une traversée de commande des barres de contrôle[Note 13]. Une brèche aurait pu inonder l'enceinte du réacteur avec de l'eau radioactive, endommager les équipements et éventuellement causer des dommages au combustible (fusion partielle) par perte de réfrigération. Cet incident est classé par la NRC au niveau 3 de l'échelle INES, et comme le 5e plus dangereux[29]. Le réacteur redémarre en 2004 après des réparations et des améliorations ayant coûté 600 millions de dollars. L'exploitant FirstEnergy paye une amende de 5 millions de dollars à la NRC en 2005[30]. L'entreprise est également condamnée par le département de la Justice des États-Unis à payer une seconde amende de 28 millions de dollars[31].
En , selon l'Agence internationale de l'énergie atomique, 73,8 % des réacteurs électrogènes opérationnels sont des réacteurs REP (soit 306 REP sur un total de 413 réacteurs nucléaires électrogènes), pour une puissance installée de 295 307 MW sur un total de 377 147 MW soit 78,3 % de la puissance installée[32].