Grand Mur de Sloan

Le Grand Mur de Sloan dans une reconstruction (méthode DTFE, Delaunay tessellation field estimator) de la partie intérieure de la 2dF Galaxy Redshift Survey

En astronomie, le Grand Mur de Sloan (Sloan Great Wall ou SGW) est une structure cosmique formant un mur de galaxies géant (un filament galactique). Sa découverte fut annoncée le , par John Richard Gott et Mario Jurić, de l'Université de Princeton, et leurs collègues du Sloan Digital Sky Survey[1].

Le mur mesure 1,38 milliard d'années-lumière de long (1,38 × 1025 m) et se situe à environ un milliard d'années-lumière de la Terre. Son positionnement dans le ciel est dans la région des constellations du Corbeau, de l'Hydre et du Centaure. Il constitue environ 1/60e du diamètre de l'univers observable, ce qui en fait la sixième plus grande structure connue dans l'univers visible après respectivement le Clowes-Campusano LQG U1.11 LQG, Huge-LQG, l'anneau géant GRB et le Grand Mur d'Hercule-Couronne boréale (Her-CrB GW).

Le Grand Mur de Sloan est 1,8 à 2,7 fois plus long que le Grand Mur de galaxies découvert en 1989[2]. Il contient plusieurs superamas de galaxies, dont le plus grand et riche se nomme SCI 126, situé dans la région la plus dense de sa structure[3],[4]. SCI 126, qui se trouve dans la direction de la constellation de la Vierge, au décalage vers le rouge de z = 0,085, contient sept amas de galaxies du Catalogue Abell : A1620, A1650, A1651, A1658, A1663, A1692 et A1750[5],[6].

Abell 1750 (A1750) est lui-même composé de trois sous-amas : A1750 N, A1750 C et A1750 S[7],[8].

En 2011, il a été émis l'hypothèse que le Grand Mur de Sloan ne soit que l'alignement fortuit de trois structures plus petites, et non une structure propre[9].

Les superamas de galaxies du Grand Mur de Sloan

Le Grand Mur de Sloan (GMS) comprend cinq superamas de galaxies. Sa vitesse de récession, cz, est estimée par Valade et al. 2024 à 24 909 Km/s, soit en retenant la valeur locale de H0 = 73,04, situé à environ 341 Mpc (1,11 milliard d'al). Sa longueur totale est approximativement de 230 h-1 Mpc, soit pour H0 = 73,04, = 230/0,7304 = environ 314,896 Mpc (1,03 milliard d'al). La masse minimale totale du GMS est approximativement de M = 2,5 x 1016 h-1 M[10].

N° et nom du superamas ID

Ad+Dec+100z

Nombre de galaxies Nombre de Galaxies isolées Groupes entre 2 et 9 galaxies Groupes d’au moins 10 galaxies Distance

h-1  Mpc (1)

1 SCl 027  (SCI 126)[6] 202-001+008   3 222 706 381 50 255,6
2 SCl 019     184+003+007   2 060 456 274 33 230,4
3 SCl 0499   168+002+007   408 60 26 7 227,7
4 SCl 0319   159+004+006   245 30 23 3 206,2
5 SCl 1109   157+003+007   120 4 5 3 219,2
TOTAL GMS 6 055 1 256 709 96

(1) Le facteur h-1 sert à neutraliser l’incertitude sur la valeur exacte de H0. La distance exprimée en h-1 Mpc peut être facilement calculée pour n’importe quelle valeur de H0, en divisant la distance affichée par la valeur de H0 retenue.

Notes et références

  1. J. R. Gott III et al., Astrophys. J., 624, 463 (2005). Figure 8 – "Logarithmic Maps of the Universe" – is available as a poster from the homepage of Mario Juric.
  2. (en) Margaret J. Geller et John P. Huchra, « Mapping the Universe », Science, vol. 246, no 4932, , p. 897–903 (PMID 17812575, DOI 10.1126/science.246.4932.897, Bibcode 1989Sci...246..897G)
  3. (en) M. Einasto, L. J. Liivamägi, E. Tempel, E. Saar, E. Tago, P. Einasto, I. Enkvist, J. Einasto et V. J. Martínez, « The Sloan Great Wall. Morphology and Galaxy Content », The Astrophysical Journal, vol. 736, no 1, , p. 51 (DOI 10.1088/0004-637X/736/1/51, Bibcode 2011ApJ...736...51E, arXiv 1105.1632)
  4. (en) « The Sloan Great Wall -- Supercluster of Galaxies », sur Centre de Données astronomiques de Strasbourg (consulté le )
  5. (en) M. Einasto, E. Saar, V. J. Martínez, J. Einasto, L. J. Liivamägi, E. Tago, J.-L. Starck, V. Müller, P. Heinämäki, P. Nurmi, S. Paredes, M. Gramann, et G. Hütsi, « Toward Understanding Rich Superclusters », The Astrophysical Journal, vol. 685, no 1, (DOI 10.1086/590374, lire en ligne Accès libre)
  6. 1 2 (en) M. Einasto, E. Tago, E. Saar, P. Nurmi, I. Enkvist, P. Einasto, P. Heinämäki, L. J. Liivamägi, E. Tempel, J. Einasto, V. J. Martínez, J. Vennik et P. Pihajoki, « The Sloan great wall. Rich clusters », Astronomy & Astrophysics (A&A), vol. 522, (lire en ligne Accès libre)
  7. (en) Ho Seong Hwang et Myung Gyoon Lee, « Galaxy activity in merging binary galaxy clusters », Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, vol. 397, no 4, (lire en ligne Accès libre)
  8. (en) Esra Bulbul, Scott W. Randall, Matthew Bayliss, Eric Miller, Felipe Andrade-Santos, Ryan Johnson et al., « PROBING THE OUTSKIRTS OF THE EARLY-STAGE GALAXY CLUSTER MERGER A1750 », The Astrophysical Journal,, vol. 818, no 2, (DOI 10.3847/0004-637X/818/2/131, lire en ligne Accès libre)
  9. (en) Roger G. Clowes, Luis E. Campusano, Matthew J. Graham et Ilona K. Soechting, « Two close Large Quasar Groups of size ~ 350 Mpc at z ~ 1.2 », Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, vol. 419, no 1, , p. 556–565 (DOI 10.1111/j.1365-2966.2011.19719.x, Bibcode 2012MNRAS.419..556C, arXiv 1108.6221)
  10. (en) Maret Einasto, Heidi Lietzen, Mirt Gramann, Elmo Tempel, Enn Saar, Lauri Juhan Liivamägi, Pekka Heinämäki, Pasi Nurmi et Jaan Einasto, « Sloan Great Wall as a complex of superclusters with collapsing cores », Astronomy & Astrophysics (A&A), vol. 595, no A70, (lire en ligne Accès libre)

Voir aussi

Articles connexes

  • Grand Mur
  • Point froid
  • Structures à grande échelle de l'Univers
  • Grand Mur de BOSS

Liens externes

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