Bulletin of the Atomic Scientists

Bulletin of the Atomic Scientists
Image illustrative de l’article Bulletin of the Atomic Scientists
Couverture du numéro de .

Pays Drapeau des États-Unis États-Unis
Langue Anglais
Périodicité Bimensuel
Format A4 (21×29,7)
Genre Bulletin scientifique
Date de fondation
Éditeur Taylor & Francis
Ville d’édition Chicago

Propriétaire SAGE Publications
Directeur de publication Rachel Bronson
Rédacteur en chef John Mecklin
ISSN 0096-3402
Site web

Le Bulletin of the Atomic Scientists est une revue scientifique non technique, en ligne, qui traite de la sécurité mondiale et les questions de politique publique, en particulier celles liées aux dangers posés par les armes nucléaires et autres armes de destruction massive. Fondé le sous la forme d'un modeste pamphlet de six pages, créé au lendemain des bombardements atomiques d'Hiroshima et de Nagasaki sous le nom Bulletin of the Atomic Scientists of Chicago, il est depuis publié  sans interruption  par d'anciens physiciens du projet Manhattan puis par leurs successeurs. L'objectif originel du bulletin est d'informer le public sur les débats de politique et stratégies nucléaires, tout en plaidant pour un strict contrôle international des armes nucléaires. Le bulletin a ensuite intégré d'autres sources de risque existentiel pour l'humanité (risque climatique, technologique et désinformationnel notamment). Il est actuellement publié par SAGE Publications.

Historique et rôle du Bulletin of the Atomic Scientists

La création de ce Bulletin s'est faite dans un esprit d'information et de vulgarisation scientifique, mais aussi d'éthique et de prospective, principalement motivée par une volonté de croiser l'intérêt croissant du public pour l'énergie atomique dès avant les années 1950 et pour les mutations technologiques qui ont exponentiellement grandi à la même époque, et le besoin éprouvé  dès 1945  par les premiers contributeurs du Bulletin, d'informer la population sur les dangers existentiels posés par la course aux armements nucléaires, en raison du potentiel de plus en plus destructeur d'un possible conflit atomique[1]. Le Bulletin a notamment donné la parole à des intellectuels du XXe siècle comme Albert Einstein, Robert Oppenheimer, ou Mikhail Gorbatchev.

La revue a contribué à informer (avec par exemple les avertissements précoces (dès 1961) du philosophe Bertrand Russell à propos des risques nouveaux posés par la bombe à neutrons. Le Bulletin a aussi contribué à déconstruire certaines idées reçues ou fausses nouvelles, comme l'illustrent les travaux du prix Nobel Hans Bethe réfutant la possibilité d'une combustion de l'atmosphère par une explosion nucléaire, tout en exposant les risques d'un hiver nucléaire.

L'Horloge de la fin du monde

Pour symboliser l'importance du péril spécifique représenté par les armes nucléaires, le Bulletin a conçu le concept de l'« Horloge de la fin du monde » (Doomsday Clock) en . À sa création, l'horloge affichait sept minutes avant minuit.

En , à la suite du premier essai nucléaire soviétique (dont le nom de code était RDS-1 (ou « Premier Éclair »), qui a eu lieu le sur le polygone de tir de Semipalatinsk, au Kazakhstan, en utilisant une bombe au plutonium dont la conception était largement inspirée de l'engin américain Fat Man, construite d'après les données issues de l'espionnage atomique). L'aiguille des minutes a été rapprochée de minuit pour la première fois. Depuis lors, l'heure de l'horloge est régulièrement avancée ou reculée selon l'évolution de la situation internationale. En , elle est positionnée à 85 secondes avant minuit[2].

En , à l'occasion de son 75e anniversaire, l'organisation a réaffirmé son rôle historique tout en adaptant son champ d'analyse aux défis complexes du XXIe siècle. Si la menace nucléaire demeure une préoccupation centrale pour le bulletin — les experts estimant le risque d'utilisation de ces armes à un niveau historiquement élevé — le Bulletin tient maintenant aussi compte de l'élargissement des menaces technologiques pesant sur la civilisation ou la survie de l'humanité. Aux enjeux traditionnels du désarmement et de la diplomatie scientifique, portés par des figures telles que William Perry ou Rose Gottemoeller, se sont ajoutés dès la fin du XXe siècle la question du dérèglement du climat et des écosystèmes par l'Homme se traduisant déjà par des crises environnementales d'importance croissante, ainsi que l'émergence de technologies de rupture à « double usage » (civil et militaire). Ces nouveaux domaines d'intervention incluent l'intelligence artificielle, la robotique, les neurotechnologies et les biotechnologies, notamment via la technique d'édition génomique CRISPR/Cas9.
Le Bulletin souligne maintenant l'interconnexion croissante de ces risques, exacerbée par la rapidité de la désinformation en ligne (numérique), et appelle à une gouvernance interdisciplinaire, impliquant tant le secteur académique que politique, pour prévenir des catastrophes déclenchées par l'erreur humaine ou le terrorisme.

En 2025, l'horloge sert toujours à représenter diverses menaces pesant sur l'humanité :

  • les armes nucléaires et autres armes de destruction massive ;
  • le changement climatique[3] ;
  • les technologies de rupture, qui incluent maintenant divers types d'intelligence artificielle [4].

Outils et gouvernance

En , l'organisation a lancé le « Doomsday Dashboard »[5], une infographie interactive présentant les données analysées par le Conseil de la science et de la sécurité (Science and Security Board)[6] pour déterminer annuellement l'heure à afficher sur l'horloge. Le prestige scientifique de l'institution est souligné par la composition de son Conseil des parrains (Board of Sponsors) qui, en , comptait 14 lauréats du prix Nobel[7].

Engagement international

Durant les années 1950, le Bulletin a activement participé à la création des conférences Pugwash sur la science et les affaires mondiales. Ces rencontres annuelles réunissent des scientifiques préoccupés par la prolifération nucléaire et, de manière plus générale, par la responsabilité de la science dans la société moderne.

Références

  1. (en) Paul Boyer, By the bomb's early light : American thought and culture at the dawn of the atomic age, New York : Pantheon (ISBN 978-0-394-52878-6, lire en ligne).
  2. (en-US) « Doomsday Clock », sur Bulletin of the Atomic Scientists (consulté le ).
  3. (en-US) John Mecklin, « Existential threats, fast and slow », sur Bulletin of the Atomic Scientists, (consulté le ).
  4. (en-GB) Suzanne Goldenberg et US environment correspondent, « Doomsday Clock ticks one minute closer to midnight », The Guardian, (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le ).
  5. "Doomsday Dashboard". Bulletin of the Atomic Scientists. http://thebulletin.org/doomsday-dashboard
  6. (en-US) « Science and Security Board », sur Bulletin of the Atomic Scientists (consulté le ).
  7. (en) « Board of Sponsors », Bulletin of the Atomic Scientists, (lire en ligne [archive du ], consulté le ).

Voir aussi

Articles connexes

  • Université de Chicago
  • Horloge de la fin du monde
  • Arme nucléaire
  • Mouvement Pugwash

Liens externes

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