Argo (océanographie)
Argo est un programme scientifique d'océanographie lancé en 2000 par la Commission océanographique intergouvernementale de l’Unesco (COI) et l’Organisation météorologique mondiale (OMM).
Composé de milliers de balises profileurs dérivant sur les mers et océans du globe, le projet doit fournir des données sur la température, la salinité, la conductivité, etc. Argo est le premier réseau in-situ global d’observation des océans en temps réel.
Historique
Le projet est lancé en 2000 par la Commission océanographique intergouvernementale de l’Unesco (COI) et l’Organisation météorologique mondiale (OMM).
Fin 2007, le projet a atteint son objectif initial avec 3 000 flotteurs en opération[1].
En , le nombre de balises atteint 3 600.
Fin 2025, les États-Unis fournissent 2 300 balises et la France en fournit 306[2].
En , l'Ifremer met à l'eau ses deux premières balises capables de plonger jusqu'à 6 000 mètres de profondeur[2].
Objectifs

Argo est un élément essentiel du système global d’observation des océans mis en place pour suivre, comprendre et prévoir le rôle des océans sur le climat de la planète.
Le programme Argo a pour objectif de développer un réseau global de 3 000 flotteurs profileurs autonomes mesurant en temps réel la température et la salinité des 2 000 premiers mètres de l’océan[1]. L’objectif d’Euro-Argo est d’organiser les contributions des états membres afin de permettre à l’Europe de :
- déployer, maintenir et opérer un réseau de flotteurs. Cela demandera de déployer chaque année de nouveaux flotteurs.
- fournir un service d’excellence aux communautés recherche (océan, climat) et océanographie opérationnelle (Copernicus et son service marin).
- préparer la nouvelle phase d’Argo avec une extension aux paramètres biogéochimiques, aux plus grandes profondeurs et aux zones polaire.
Organisation
Argo est le fruit d’une coopération internationale et plus de 30 pays participent directement à la mise en place du réseau. 50 agences de recherche issues de 31 pays collaborent à sa mise en œuvre.
Chaque année 800 à 900 instruments sont mis à l'eau, soit le nombre nécessaire pour maintenir un réseau de 3 000 flotteurs actifs compte tenu de leur durée de vie estimée à quatre ans.
Balises

Chaque balise, d'environ deux mètres de hauteur (avec l'antenne), dérive librement en fonction des courants. Elle plonge à 1 000 mètres de profondeur, puis tous les dix jours plonge à 2 000 mètres avant de remonter lentement à la surface en faisant ses mesures le long de la colonne d'eau ; elle reste à la surface une dizaine d'heures, transmet ses mesures via satellite, et replonge pour le cycle suivant. Les données sont en accès libre et peuvent être consultées par tout le monde, sans restriction.
Son principe de fonctionnement ne permet pas la collecte d'informations partout : les zones peu profondes et celles dont les courants chassent les balises ne sont pas couvertes.
Le prix d'une balise est d'environ 80 000 euros[2].
Applications
Avec les observations des satellites, les données des flotteurs Argo sont la principale source d'information pour les chercheurs s'intéressant au climat et à l'océan, pour la prévision saisonnière et climatique ainsi que pour les centres d'analyse et de prévision océanique.
L’utilisation des données Argo conjointement aux mesures satellitaires a aussi permis des avancées remarquables dans la représentation de l’océan nécessaire à la prévision océanique et la prévision climatique saisonnière. Elles sont systématiquement utilisées par les systèmes d’océanographie opérationnelle (Mercator Océan, Service Marin de Copernicus et son projet (MyOcean) et pour leurs applications.
En 2025, les données Argo sont utilisées dans environ 6 000 publications scientifiques et 500 thèses de doctorat[2].
Notes et références
- 1 2 (en) John Gould et al., Ocean Circulation and climate : a 21st century perspective. Part II Ocean obsrevations. 3. In Situ ocean observations : A brief history, present status, and future directions., Amsterdam, International Geophysics. volume 103. Elsevier, 868 p. (ISBN 978-0-12-391851-2, BNF 44635065), p65
- 1 2 3 4 20 Minutes, « Climat : pourquoi la France a mis en service deux longs « tubes » plongeant à 6.000 mètres sous l’océan ? », sur MSN, (consulté le )
Voir aussi
Articles connexes
- Initiative des observatoires océaniques
Liens externes
- (en) Site officiel
- « Welcome on ARGO.NET, the International Argo Program Homepage », sur argo.net (consulté le )
- (en) « Euro-Argo ERIC », sur euro-argo.eu via Internet Archive (consulté le )
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