Abraham Esau

| Président Physikalisch-Technische Bundesanstalt | |
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| - | |
| Recteur de l'université d'Iéna | |
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Wolf Meyer-Erlach (d) Karl Astel | |
| Recteur de l'université d'Iéna | |
| - | |
Walther Löhlein (d) Wolf Meyer-Erlach (d) |
| Naissance | Cyganek |
|---|---|
| Décès |
(à 70 ans) Düsseldorf |
| Nationalité |
allemande |
| Formation |
Université Humboldt de Berlin École polytechnique de Gdańsk |
| Activités |
Physicien, professeur d'université, physicien nucléaire |
| A travaillé pour |
Telefunken ( - Physikalisch-Technische Bundesanstalt Université Humboldt de Berlin Université de technologie de Berlin Université Friedrich-Schiller d'Iéna |
|---|---|
| Parti politique |
Parti national-socialiste des travailleurs allemands (à partir du ) |
| Membre de |
Chambre de la culture du Reich (- Académie royale des sciences de Prusse Académie Léopoldine |
| Conflit |
Première Guerre mondiale |
| Distinction |
Docteur honoris causa de l'université de Fribourg-en-Brisgau |
Robert Abraham Esau, né le à Tiegenhagen, arrondissement de Marienbourg (de) en province de Prusse-Occidentale et mort le à Düsseldorf, est un physicien et radio-amateur allemand.
Durant la Seconde Guerre mondiale, il fut l'initiateur du projet nucléaire allemand.
Études et débuts professionnels
Au terme de ses études secondaires au lycée professionnel Saint-Pierre-et-Paul de Dantzig, il étudia la physique à l'Université Humboldt de Berlin puis à l'université technique de Dantzig[1]. De 1906 à 1909, Esau fut l'assistant du professeur Max Wien et soutint sa thèse de doctorat en 1908 à Berlin. L'année suivante, il effectua son service militaire comme volontaire au 1er bataillon des Transmissions de Berlin.
Passionné par la transmission radio, il travaille à son retour pour la Sté des télégraphes sans-fil Telefunken de Berlin. En 1913, il est chargé par la compagnie de monter la station radio de Kamina au protectorat allemand du Togo. C'est là qu'il est surpris par la déclaration de guerre, et est fait prisonnier par les Français en tant qu’officier de réserve de l'Empire allemand.

La paix revenue, Esau se consacra aux télécommunications transocéaniques, et imagina un dispositif de radiogoniométrie pour le guidage des navires, qu'il fit construire à Geltow près de Potsdam. Du 28 au , il lança auprès des radio-amateurs une campagne d'évaluation de l'atténuation sur les bandes comprises entre 100 et 605 m, et l'année suivante, réussit la première transmission en ondes ultra-courtes entre Iéna et Kahla.
La première association confédérale de radio-amateurs allemands (Deutscher Funktechnischer Verband, ou DFTV), créée le , se choisit Abraham Esau comme premier président (son DX était EK4AAL[2]).
Professeur de l'université d'Iéna
Au début de 1925, il se vit proposer par l'université d'Iéna une chaire de Physique appliquée[3], ainsi que la direction de l'Institut allemand des Poids et Mesures, le Technisch-Physikalisches Institut. En 1928, il obtenait la chaire de « Ressources naturelles et leur exploitation » ; avec Erwin Schliephake (de), il explorait alors l'intérêt thérapeutique des ondes courtes, notamment dans le traitement des cancers (diathermie). En 1929, il fut élu à l’Académie des sciences d'utilité publique d'Erfurt, et reprit ses travaux sur la résolution des ondes ultra-courtes.
De à , Esau exerça les fonctions de recteur de l'université d'Iéna et, à ce titre, de commissaire général de la fondation Carl Zeiss. Il évinçait par là Julius Dietz (de), écarté à la demande des Directeurs commerciaux de Carl Zeiss[4] (Walther Bauersfeld, Paul Henrichs et August Kotthaus). Le , il obtint son admission au parti nazi (carte d'adhérent 2 907 651[5],[6]). De à , Esau reprit le poste de recteur de l'université d'Iéna, mais dut l'abandonner au biologiste racial Karl Astel[7],[8] au début de l'été 1939.
Joseph Goebbels le nomma à la Chambre de la culture du Reich le . Selon Max von Laue, Esau se considérait comme le porte-parole du régime auprès des physiciens allemands.
Rôle dans l'effort de guerre nazi
En 1939, Esau obtint la présidence du Physikalisch-Technische Reichsanstalt (PTR), ainsi qu'une chaire de « techniques militaires » créée pour lui à l’Université technique de Berlin[9].
Au mois d', en tant que coordonnateur du Reichsforschungsrat pour les sciences physiques, il réunit la première « Commission Uranium » . Et lorsqu'éclata la guerre avec le Royaume-Uni et la France, la Commission de l'Armement et le Reichsforschungsrat décidèrent de réunir les plus éminents spécialistes germanophones de physique nucléaire au sein d'un « Projet Uranium », afin de ne pas disperser les efforts des différents instituts du Reich. En 1942, Esau fut nommé plénipotentiaire du maréchal du Reich aux questions nucléiaires, jusqu'à son éviction par Walther Gerlach en 1944 : cette décision s’explique par les dissensions croissantes entre Esau et Werner Heisenberg[10],[11].
Au début de l'année 1944, Esau prit la succession de Johannes Plendl au poste de plénipotentiaire aux techniques radio. Il accéléra notamment les recherches dans le décodage des ondes centimétriques. À partir d'un magnétron qu'il avait mis au point, il parvint à résoudre des longueur d'ondes de l'ordre de 2 mm. Il faisait partie de la commission d'étude du radar embarqué découvert sur un bombardier britannique abattu au-dessus de Rotterdam.
L'Après-guerre
À la chute du IIIe Reich, les recherches d'Esau furent confisquées par les Américains et analysées dans le cadre de l’Opération Alsos. Les missions Alsos, destinées à évaluer et à tenir en échec les progrès allemands en matière de bombe atomique, s'inscrivaient depuis 1943 dans le cadre du Projet Manhattan.
Arrêté à la chute du Reich, Abraham Esau fut détenu en Souabe puis en France, avant son transfert aux Pays-Bas, où il fut condamné pour sa participation dans le pillage des usines Philips. Relaxé à la fin de 1948 par la Cour des crimes de guerre économiques, où la chambre d’appel de Rendsburg considéra qu'il était de facto dénazifié. Déchu de ses fonctions de président du PTR, il obtint néanmoins en 1949 à l'instigation du conseiller rhénan à l'Éducation, Leo Brandt (de), un poste de professeur honoraire de technique des ondes courtes à Université technique d'Aix-la-Chapelle, et de directeur d'un département de Centre d'essais aéronautique allemand, l’Institut des hautes fréquences de Mülheim an der Ruhr. Il reprit ainsi ses recherches sur l'écholocation radio et par ultrasons, appliquée à la météorologie aussi bien qu'au contrôle non destructif des matériaux.
Bibliographie
- (de) Horst Gerlach, « Abraham Esau. Ein Physiker und Pionier der Nachrichtentechnik (mit familienkundlichen Angaben von Anna Andres) », Westpreußen-Jahrbuch, no 27, , p. 57-66.
- Klaus Hentschel, The Mental Aftermath. : The Mentality of German Physicists 1945 – 1949, Oxford university Press, , 212 p. (ISBN 9780199205660).
- (de) Peter Kaupp, Von Aldenhoven bis Zittler. Mitglieder der Burschenschaft Arminia auf dem Burgkeller-Jena, die in den letzten 100 Jahren im öffentlichen Leben hervorgetreten sind., Dieburg, , « Esau, Abraham Robert ».
- (de) Michael Grüttner, Biographisches Lexikon zur nationalsozialistischen Wissenschaftspolitik, Heidelberg, Synchron, coll. « Studien zur Wissenschafts- und Universitätsgeschichte. / 6 », (ISBN 3-935025-68-8), p. 45.
- Dieter Hoffmann (de) et Rüdiger Stutz, Grenzgänger der Wissenschaft: Abraham Esau als Industriephysiker, Universitätsrektor und Forschungsmanager. In: „Kämpferische Wissenschaft“-Studien zur Universität Jena im Nationalsozialismus. Uwe Hoßfeld (de), Jürgen John, Oliver Lemuth, Rüdiger Stutz (Hrsg.), Böhlau-Verlag, Cologne (2003), (ISBN 3-412-04102-5) – online.
- Ulrich Kern, Forschung und Präzisionsmessung – Die Physikalisch-Technische Reichsanstalt zwischen 1918 und 1948, VCH, Weinheim, (1992)
- (de) Fritz Schröter (de), « Esau, Abraham », dans Neue Deutsche Biographie (NDB), vol. 4, Berlin, Duncker & Humblot, , p. 640–641 (original numérisé)
- Esau, Abraham. In: Robert Volz, Reichshandbuch der deutschen Gesellschaft. Das Handbuch der Persönlichkeiten in Wort und Bild. Vol. 1: A–K. Deutscher Wirtschaftsverlag, Berlin (1930), (de) « Publications de et sur Abraham Esau », dans le catalogue en ligne de la Bibliothèque nationale allemande (DNB)., p. 402.
- Bernhard Post, Volker Mahl et Dieter Marek, Thüringen-Handbuch – Territorium, Verfassung, Parlament, Regierung und Verwaltung in Thüringen 1920 bis 1995, Verlag Hermann Böhlaus Nachfolger, Weimar (1999), (ISBN 3-7400-0962-4).
Notes
- ↑ (de) Matthias Pühl, Findbuch des Archivs des Deutschen Museums, Munich, (lire en ligne)
- ↑ Publ. de l’association des radio amateurs, « AGAV » (version du sur Internet Archive)
- ↑ « Ingenieur Dr. Abraham Esau ordentlicher Professor in Jena », Neues Wiener Tagblatt, no 9,
- ↑ (de) Friedrich Schomerus, Geschicht des Jenaer Zeisswerkes 1846 - 1946, Stuttgart, Piscator, , p. 297.
- ↑ Bundesarchiv R 9361-IX KARTEI/8080610
- ↑ Uwe Hossfeld, Kämpferische Wissenschaft. Studien zur Universität Jena im Nationalsozialismus, Cologne et Weimar, Böhlau Verlag, (ISBN 3-412-04102-5), p. 149
- ↑ « Von den Hochschulen : », Neues Wiener Tagblatt. Neue Freie Presse – Neues Wiener Journal, no 20,
- ↑ Cf. Michael Grüttner: Biographisches Lexikon zur nationalsozialistischen Wissenschaftspolitik, Heidelberg (2004), p. 45.
- ↑ « Von den Hochschulen : Staatsrat Dr Abraham Esau », Neues Wiener Tagblatt. Neue Freie Presse – Neues Wiener Journal,
- ↑ Mark Walker, Eine Waffenschmiede? Kernwaffen- und Reaktorforschung am Kaiser-Wilhelm-Institut für Physik, Berlin, Max-Planck-Gesellschaft zur Förderung der Wissenschaften, coll. « Forschungsprogramm "Geschichte der Kaiser-Wilhelm-Gesellschaft im Nationalsozialismus », , 30 p. (lire en ligne)
- ↑ (de) Aperçu du Projet Uranium et des recherches nucléaires en Allemagne entre 1939 et 1945, p. 29)
Liens externes
- (de) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en allemand intitulé « Abraham Esau » (voir la liste des auteurs).
- Archives conservées par : Archive of the Deutsches Museum (NL 254)
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