Machine à courant continu

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Une machine à courant continu est une machine électrique. Il s'agit d'un convertisseur électromécanique permettant la conversion bidirectionnelle d'énergie entre une installation électrique parcourue par un courant continu et un dispositif mécanique.

Cependant, la machine à courant continu étant réversible[1] et susceptible de se comporter soit en « moteur » soit en « générateur » dans les quatre quadrants du plan couple-vitesse[2],[3],[4], la distinction moteur/générateur se fait « communément » par rapport à l'usage final de la machine.

Inventée par Zénobe Gramme et présentée à l'Académie des Sciences, à Paris, en 1871[5], c'était au départ un simple générateur de courant continu (pour applications galvanoplastiques[5], par exemple, les accumulateurs étant onéreux).

Machine de base ou machine à excitation indépendante

Animation de la machine à courant continu.
Représentation schématique d'une machine à courant continu bipolaire.

Description sommaire

Une machine électrique à courant continu est constituée :

Constitution et principes physiques

Schéma de machine à courant continu vue en coupe latérale. La partie ronde en gris au centre est le rotor, qui tourne dans le sens anti-horaire. L'autre partie en gris constitue le stator.

Schéma électrique idéalisé (en mode de fonctionnement moteur)

Ce schéma rudimentaire n'est pas valable en régime transitoire. et sont respectivement les résistances du rotor (résistance de l'induit) et du stator (résistance du circuit d'excitation)

Ce schéma correspond aux équations électriques suivantes :

D'autre part on a deux équations électromécaniques :

où correspond à la vitesse de rotation, ou pulsation, en rad/s reliée à la fréquence (nombre de tours par seconde) par la relation

On peut montrer que c'est la même constante k' qui intervient dans les deux relations précédentes ce qui implique :

Descriptif du fonctionnement

Imaginons une machine électrique alimentée par une source de tension constante. Lorsque le moteur tourne à vide (il ne fait pas d'effort) il n'y a pas besoin de fournir de couple, est très faible et ≈ La vitesse de rotation est proportionnelle à .

Lorsque l'on veut la faire travailler, en appliquant un couple résistant sur son axe, cela la freine donc diminue.
Comme reste constante, le produit . augmente donc augmente, donc le couple augmente lui aussi et lutte contre la diminution de vitesse : c'est un couple moteur.
Plus on le freine, plus le courant augmente pour lutter contre la diminution de vitesse. C'est pourquoi les moteurs à courant continu peuvent « griller » lorsque le rotor est bloqué, si le courant de la source n'est pas limité à une valeur correcte.

Si une source d'énergie mécanique essaie d'augmenter la vitesse de machine, (la charge est entraînante : ascenseur par exemple), Ω augmente donc augmente.
Comme reste constante, le produit devient négatif et augmente en valeur absolue, donc augmente, donc le couple augmente lui aussi et lutte contre l'augmentation de vitesse : c'est un couple frein.
Le signe du courant ayant changé, le signe de la puissance consommée change lui aussi. La machine consomme une puissance négative, donc elle fournit de la puissance au circuit. Elle est devenue génératrice.

Ces deux modes de fonctionnement existent pour les deux sens de rotation de la machine. Celle-ci pouvant passer sans discontinuité d'un sens de rotation ou de couple à l'autre. On dit alors qu'elle fonctionne dans les quatre quadrants du plan couple-vitesse.

Machine à excitation constante

C'est le cas le plus fréquent : est constant car il est créé par des aimants permanents ou bien encore parce que est constant (excitation séparée alimenté en courant continu)

Si l'on pose : , les équations du paragraphe précédent deviennent :

Moteur série

L'excitation série étant principalement réservée à des moteurs, il n'est pas habituel d'utiliser le terme de machine à excitation série (exception faite dans les systèmes ferroviaires).

Ce type de moteur est caractérisé par le fait que le stator (inducteur) est raccordé en série avec le rotor (induit).


En admettant que le flux , les équations de la machine deviennent :

Les équations ci-dessus permettent de montrer que les moteurs à excitation série peuvent développer un très fort couple en particulier à basse vitesse, celui-ci étant proportionnel au carré du courant. C'est pourquoi ils ont été utilisés pour réaliser des moteurs de traction de locomotives jusque dans les années 1980.
Ce type de machine présente toutefois, du fait de ses caractéristiques, un risque de survitesse et d'emballement à vide.

Aujourd'hui, les principales applications sont :

Une des conditions pratiques pour qu'un moteur série soit un moteur universel est que son stator soit feuilleté, car dans ce cas le flux inducteur peut être alternatif. (Remarque : une perceuse prévue pour le raccordement sur le réseau 230 V alternatif fonctionne aussi en courant continu : branchée sur une batterie d'automobile de 12 V elle tourne.)

Excitation shunt

Dans le moteur shunt, le stator est câblé en parallèle avec le rotor. La tension aux bornes du rotor est la même que celle aux bornes du stator, donc :

Les équations de la machine deviennent :

Le moteur à excitation shunt est utilisé en outillage électroportatif, du fait de son couple limité protégeant l'utilisateur et de l'absence d'emballement à vide.

Excitation composée ou compound

Dans le moteur compound une partie du stator est raccordé en série avec le rotor et une autre est de type parallèle ou shunt. Ce moteur réunit les avantages des deux types de moteur : le fort couple à basse vitesse du moteur série et l'absence d'emballement (survitesse) du moteur shunt.

Avantages et inconvénients

principe du collecteur

L'avantage principal des machines à courant continu réside dans leur adaptation simple aux moyens permettant de régler ou de faire varier leur vitesse, leur couple et leur sens de rotation : les variateurs de vitesse, voire leur raccordement direct à la source d'énergie : batteries d'accumulateur, piles, etc.

Le principal problème de ces machines vient de la liaison entre les balais, ou « charbons » et le collecteur rotatif, ainsi que le collecteur lui-même comme indiqué plus haut et la complexité de sa réalisation. De plus il faut signaler que :

Un autre problème limite les vitesses d'utilisation élevées de ces moteurs lorsque le rotor est bobiné, c'est le phénomène de « défrettage », la force centrifuge finissant par casser les liens assurant la tenue des ensembles de spires (le frettage).

La température est limitée au niveau du collecteur par l'alliage utilisé pour braser les conducteurs du rotor aux lames du collecteur. Un alliage à base d'argent doit être utilisé lorsque la température de fonctionnement dépasse la température de fusion de l'alliage classique à base d'étain.

Un certain nombre de ces inconvénients ont partiellement été résolus par des réalisations de moteurs sans fer au rotor, comme les moteurs « disques » ou les moteurs « cloches », qui néanmoins possèdent toujours des balais.

Les inconvénients ci-dessus ont été radicalement éliminés grâce à la technologie du moteur sans balais (aussi dénommé moteur brushless, ou improprement « moteur à courant continu sans balais »), qui est une machine synchrone auto-pilotée.

Notes et références

  1. ↑ « Réversibilité », sur siloged.fr (consulté le ).
  2. ↑ Les quadrants I à IV du plan couple-vitesse (dit des « quatre quadrants »), figurant dans l'article « Quadrant (mathématiques) », avec la vitesse en ordonnée et le couple en abscisse. Toutes les machines électriques (à courant continu, synchrone ou asynchrone) passent sans discontinuité du fonctionnement « moteur » au fonctionnement « générateur » par simple inversion du signe du couple (charge entraînée ou entraînante, par exemple pendant les phases d'accélération ou de freinage) ou du signe de la vitesse (inversion du sens de rotation).
  3. ↑ Paul Landercy, « Le fonctionnement en quatre quadrants d’un entraînement à variation de vitesse » [PDF], sur assets.cdnsw.com, (consulté le ).
  4. ↑ Robert Chauprade, Commande électronique des moteurs à courant continu – À l'usage de l'enseignement supérieur, écoles d'ingénieurs, maîtrise, IUT, Paris, éd. Eyrolles, coll. « EEA », 1975, 243 p., p. 15-32 et 148-150.
  5. 1 2 « Machine dynamo-électrique système Gramme disposée spécialement pour la galvanoplastie et la réduction des métaux », sur arts-et-metiers.net, musée des Arts et Métiers (consulté le ).
  6. ↑ Machine à courant continu Sitelec.org

Annexes

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Bibliographie

Articles connexes

Liens externes


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