Mistral (logiciel)
Mistral est le nom d'un système de recherche d'information conçu et réalisé par la Compagnie internationale pour l'informatique (CII) dans les années 1970.
Il atteint assez rapidement un niveau de notoriété internationale comme le rappelle un rapport du Conseil stratégique des technologies de l'information (CSTI)[1].
« Déjà au cours des années 70 et jusqu’à la fin des années 80, le logiciel Mistral de la société CII/Bull était un leader mondial en matière de recherche documentaire. »
Aspects historiques
La première version date de 1970 pour répondre aux besoins du CNEXO (devenu IFREMER)[2].
Évolutions techniques
Cette version était encore rudimentaire et adaptée à une époque où l'espace disque était très couteux. Elle utilisait donc des bandes magnétiques et seuls les traitements séquentiels étaient autorisés.
Par la suite, la CII considérait Mistral comme un produit phare pour les gammes Iris 80 et Iris 50 et entretenait une solide équipe de développement. Elle put produire une série de versions qui apportaient des améliorations importantes, par exemple :
- passage des bandes au disque magnétique,
- introduction de thésaurus,
- indexation de champs en texte libre,
- mode interactif, d'abord en mode transactionnel puis en temps partagé.
Utilisations de Mistral
Une des principales utilisation de Mistral est relative à la création de la base Pascal du CNRS. Plus précisément, l’acronyme de Pascal était : « Programme Appliqué à la Sélection et la Compilation Automatique de la Littérature». Sur cette base une version en ligne a été développée sous le sigle PASCALINE (Pascal en ligne}. PASCALINE a été opérationnelle avec le logiciel Mistral [3].
- Sur l'Iris 80 de Grenoble pour être accessible via le réseau Cyclades ;
- sur l'Iris 80 de Lyon (qui n'était pas sur Cyclades) pour répondre aux besoins de l'ENSB (ancêtre de l'Enssib)[4].
A Nancy, le Centre de recherche pour un Trésor de la langue française (CRTLF) utilisait l'Iris 80 de l'Institut universitaire de calcul automatique de Lorraine. Ceci a conduit à expérimenter Mistral de façon appronfondie.
- De façon classique, le BALF (Bulletin analytique de la Langue française) a été géré et mis en ligne localement[5].
- De façon plus originale pour l'époque, les étudiants de l'IUT Carrières de l'information ont pu bénéficier de travaux pratiques sur Mistral. Pour la version Mistral 2, avec des cartes perforées, les exercices étaient limités à des recherches booléennes sur une base pré-existante. Avec la version interactive, les étudiants, par groupe de travail, pouvaient expérimenter l'ensemble des fonctionnalités d'un « progiciel industriel » (paramétrage, création des bases, acquisition de documents, création d'un thésaurus...).
Reprise par Télésystèmes
En 1978, cette solution fut retenue pour la création d'un « centre serveur national », Télésystèmes Questel.
Paradoxalement, ce succès entraîna la fin progressive de la vie de Mistral. En effet, une partie de l'équipe initiale rejoignit cette nouvelle société. D'un autre côté, avec les tribulations de la société CII, le soutien fut plus réduit. Enfin, l'appropriation de ce logiciel par un centre documentaire paraissait complexe et des produits moins performants mais plus faciles d'accès, et notamment Texto se multiplièrent.
Caractéristiques techniques
Bibliographie
Mistral gère des notices bibliographiques qui sont stockées dans des fichiers qualifiés de bibliographiques. La structure des notices est classique : un ensemble de champs qui peuvent être de trois types :
- référence — obligatoire et unique, il contient une clé permettant de désigner la notice de façon unique ;
- monovalué — champ dont le contenu est réduit à une seule valeur (par exemple : le titre) ;
- multivalué — champ dont le contenu est constitué par une liste de valeurs séparées par un séparateur (paramétrable), par exemple un champ auteur(s).
Fichiers inverses
Mistral fonctionnait naturellement avec des fichiers inverses qui étaient implantés avec un socle de type séquentiel indexé. Leur paramétrage offrait un peu de souplesse en permettant par exemple de regrouper plusieurs champs dans un même index. Le progiciel disposait d'un ensemble d'outils de gestion ou de réorganisations de ces fichiers.
Deux stratégies de recherche étaient utilisées :
- Une « recherche primaire » était basée sur des expressions booléennes portant sur les index.
- Une « recherche secondaire » portait sur le résultat d'une recherche primaire avec des opérateurs de sélection (type expression régulière).
Thésaurus
Les dernières versions de Mistral offraient la possibilité d'utiliser un Thesaurus. Cette fonctionnalité s'appliquait aux champs contenant des termes contrôlés. Elle permettait d'introduire des relations entre les termes. Plusieurs champs pouvaient en bénéficier (exemple : mots-clés ou... auteurs).
Un type de relation gérait les synonymies. Plusieurs termes pouvaient être déclarés synonymes. Une recherche primaire sur les termes ainsi reliés donnait le même résultat. Un affinage par critère secondaire était alors possible pour ne sélectionner qu'un seul terme.
Les aspects hiérarchiques étaient gérées par deux type de relation : terme générique ou terme spécifique. Dans une recherche primaire, un paramétrage permettait d'étendre la sélection par un terme avec ses spécifiques. Dans la version interactive, il était naturellement possible de naviguer dans le thésaurus.
Voir aussi
Notes et références
- ↑ Rapport du 23 octobre 2006 pour une initiative dans l'Internet en faveur du développement de l'économie de la connaissance
- ↑ Alexandre Serres. HISTOIRE DES OUTILS ET RESEAUX D'INFORMATION : de Paul Otlet à Internet partie chronologie 1970-1979
- ↑ J. Buhr, C. Degen. PASCAL : UNE BASE DE DONNÉES MULTIDISCIPLINAIRE SON UTILISATION EN
PHYSIQUE ATOMIQUE ET MOLÉCULAIRE ET PHYSIQUE DES FLUIDES ET DES PLASMAS Journal de
Physique Colloques, 1977, 38 (C3), pp.C3-249-C3-251. ⟨10.1051/jphyscol:1977327⟩. ⟨jpa-00217115⟩
https://hal.science/jpa-00217115v1/file/ajp-jphyscol197738C327.pdf - ↑ https://www.enssib.fr/bibliotheque-numerique/documents/63061-bulletin-signaletique-du-cnrs-reflet-de-l-evolution-des-sciences-et-techniques.pdf
- ↑ Étienne Brunet. Le TLF : un trésor est caché dedans. Annales de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines
de Nice, 1977, 29, pp.261-273. ⟨hal-01424814⟩
https://hal.science/hal-01424814/document
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