En théorie des probabilités et en statistique, la fonction génératrice des moments d'une variable aléatoire X est la fonction MX définie par
pour tout réel t tel que cette espérance existe. Cette fonction, comme son nom l'indique, est utilisée afin d'engendrer les moments associés à la distribution de probabilités de la variable aléatoire X.
Si à X est associée une densité de probabilité continue f, alors la fonction génératrice des moments est donnée par
En introduisant dans cette équation le développement en série entière de l'exponentielle, cette expression est équivalente à :
où la dernière égalité est obtenue par le théorème de convergence dominée, et où mi est le i-ème moment de X.
Si la densité de probabilité n'est pas continue, la fonction génératrice des moments peut être obtenue par l'intégrale de Stieltjes :
où F est la fonction de répartition de X.
Les expressions précédentes s'appliquent à des variables aléatoires. Dans le cas d'un vecteur aléatoire à composantes réelles, la fonction génératrice des moments est alors définie comme suit :
où t est un vecteur et est le produit scalaire.
Lien entre fonction génératrice des moments et moments — Soit une variable aléatoire réelle et sa fonction génératrice des moments. Les deux assertions suivantes sont équivalentes :
De plus si l'une des deux assertions ci-dessus est vérifiée alors
En utilisant alors le développement de la fonction exponentielle en série entière et le théorème de Fubini-Tonelli on obtient que
On en conclut que la série entière est absolument convergente sur donc possède un rayon de convergence .
On remarque que pour tout :
Ainsi on a pour tout :
La dernière somme est bien convergente car on sait qu'une série entière est absolument convergente dans l'intérieur de son disque de convergence. Ainsi en utilisant une fois de plus le théorème de Fubini-Tonelli on obtient que . On procède de la même manière pour .
L'inégalité de Hölder indique que
pour toutes variables aléatoires U et V et nombres réels p, q tels que
Soit X une variable aléatoire réelle et . En prenant le logarithme de l'inégalité appliquée à
on obtient l'inégalité de convexité
On veut calculer l'espérance de la loi exponentielle. Sa fonction génératrice des moments est donnée par :
En s'appuyant sur la propriété des dérivées selon laquelle , on obtient :
En évaluant cette dérivée en t = 0, on obtient le premier moment :
| Loi de probabilité | Fonction génératrice des moments | Fonction caractéristique |
|---|---|---|
| Loi de Dirac | ||
| Bernoulli | ||
| Géométrique | ||
| Binomiale | ||
| Binomiale négative | ||
| Poisson | ||
| Uniforme continue | ||
| Uniforme discrète | ||
| Laplace | ||
| Normale | ||
| χ² | ||
| χ² non centrée | ||
| Gamma | ||
| Exponentielle | ||
| Bêta | (voir Fonction hypergéométrique confluente) | |
| Normale multidimensionnelle | ||
| Cauchy | Indéterminée | |
| Cauchy multidimensionnelle
|
Indéterminée | |
Passer de la densité à la fonction génératrice est chose aisée : il suffit d'appliquer la définition. La relation inverse semble plus ardue.
La manière la plus facile de traiter cette question est de passer par la transformation de Fourier. Il suffit pour cela de considérer la fonction des moments en t = iτ, où i est « le » nombre complexe tel que (i2=-1). On obtient ce que l'on appelle la fonction caractéristique de la variable X :
En tant que transformée de Fourier, l'expression précédente peut être inversée :
La fonction génératrice des moments caractérise donc parfaitement la densité.