Centre national d'études spatiales

Centre national d'études spatiales
Logo du CNES.
Histoire
Fondation
(64 ans)
Cadre
Sigle
CNESVoir et modifier les données sur Wikidata
Type
Agence spatiale, institut de rechercheVoir et modifier les données sur Wikidata
Forme juridique
Établissement public national à caractère industriel ou commercial doté d'un comptable publicVoir et modifier les données sur Wikidata
Domaines d'activité
Recherche-développement en autres sciences physiques et naturelles, rechercheVoir et modifier les données sur Wikidata
Siège
2, place Maurice-Quentin
Paris
18, avenue Édouard-Belin
Toulouse
Pays
 FranceVoir et modifier les données sur Wikidata
Coordonnées
48° 51′ 41″ N, 2° 20′ 43″ EVoir et modifier les données sur Wikidata
Organisation
Effectif
2 361 (2021)
Directeur
François Jacq (depuis )Voir et modifier les données sur Wikidata
Organismes affiliés
AstroParticule et Cosmologie, institut de recherche en astrophysique et planétologie, GET (d), Laboratoire de Planétologie et Géosciences (d), Sciences de l'Univers au Cerfacs (d), Collecte Localisation Satellites, Laboratoire d'études spatiales et d'instrumentation en astrophysique, NovespaceVoir et modifier les données sur Wikidata
Affiliation
Ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche[1] et ministère des Armées
Budget
en augmentation 2,598 Mrd d'euros (2022)
Site web
Identifiants
SIREN
775665912Voir et modifier les données sur Wikidata
TVA européenne
FR49775665912Voir et modifier les données sur Wikidata
OpenCorporates
fr/775665912Voir et modifier les données sur Wikidata
data.gouv.fr
563a2cdf88ee385a94531575Voir et modifier les données sur Wikidata
Annuaire du service public
gouvernement/df0845a5-af7d-4b35-b9d5-9d64bc53b8f9Voir et modifier les données sur Wikidata

Le Centre national d'études spatiales (CNES), agence spatiale française, est un établissement public à caractère industriel et commercial chargé d’élaborer et de proposer au Gouvernement le programme spatial national, puis de le mettre en œuvre. Le CNES dispose d'un budget de 3,029 milliards d'euros en 2024, ce qui reste le plus important en Europe (45 euros par habitant). Il inclut la part reversée à l'Agence spatiale européenne, dont le CNES est le second plus gros contributeur (1,076 milliard d'euros en 2024), qui est consacrée essentiellement aux missions scientifiques (astronomie, exploration du système solaire, étude de la Terre) et aux investissements dans les lanceurs. La part investie directement par le CNES porte dans l'ordre d'importance sur les lanceurs et la gestion de la base de lancement de Kourou (324 M €, 17 %, en 2018), les missions militaires (269 M €, 14 %), scientifiques (167 M €, 9 %), l'étude de la Terre généralement dans le cadre de coopérations binationales (120 M €, 6 %), les développements autour des satellites de télécommunication et de navigation par satellite (42 M €, 2 %). Le CNES est placé sous la tutelle conjointe du ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation, du ministère des Armées et du ministère de l'Économie et des Finances.

Le CNES a été créé à l'initiative du président Charles de Gaulle le afin de fournir une structure chargée de coordonner et animer les activités spatiales françaises centrées à l'époque sur le développement du lanceur-fusée Diamant. Le CNES est toujours en 2018 l'agence spatiale nationale la plus importante des pays de l'Union européenne.

Historique

Siège au 2, place Maurice-Quentin (Paris).

Débuts (1961-1981)

Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, les Alliés s'intéressent aux travaux réalisés par les Allemands sur les fusées et chaque pays s'efforce de collecter un maximum d'informations techniques et de s'adjoindre l'aide de techniciens allemands ayant travaillé sur les V2. Pour la France, c'est le Laboratoire de recherches balistiques et aérodynamiques (LRBA) qui est chargé de mettre au point les premiers engins aboutissant à la fusée-sonde Véronique. Ces développements intéressent à la fois les scientifiques et les militaires. La guerre froide, le lancement de Spoutnik et la politique d'indépendance du Général De Gaulle placent bientôt la recherche spatiale dans les priorités du Gouvernement.

En 1959 est formé le Comité de recherches spatiales (CRS) chargé de coordonner les activités spatiales françaises. La même année, l'industrie aérospatiale crée la Société pour l'étude et la réalisation d'engins balistiques (SEREB) dont les réalisations militaires (Programme Pierres précieuses) aboutiront à la fusée Diamant, premier lanceur spatial français.

Pour mener un véritable programme spatial, il manque un organe de coordination et d'animation. Il est créé le , par la loi no 61-1382[2], sous la forme d'un établissement public dénommé Centre national d'études spatiales (CNES). Sa première mission est de placer la France dans le club des puissances spatiales aux côtés de l'URSS et des États-Unis. Cet objectif est atteint le avec le lancement de Diamant A depuis le Centre interarmées d'essais d'engins spéciaux à Hammaguir (Algérie).

De 1961 à 1981, le CNES est le moteur de l'Europe spatiale. Durant ces années, les structures indispensables à un programme spatial sont mises en place : lanceurs, satellites, ensemble de lancements, centres d'opérations et réseau de stations de contrôle, laboratoires, etc. alors que les autres États européens ont de fortes réticences pour s'engager. Parallèlement, une industrie spatiale compétente et dynamique voit le jour en France.

Dans les années 1980, l'Agence spatiale européenne (ASE) que le CNES a contribué à créer et qu'il a dotée de la fusée Ariane devient une grande agence et de nombreux programmes à vocation internationale lui sont confiés. Le CNES représente la France à l'ASE et il recadre ses activités sur un programme national beaucoup plus tourné vers les applications.

Grandes applications spatiales (1980-1995)

Une fusée Ariane 4.

Dès 1974, le budget français consacré à l'espace (10 % du budget de recherche) est attribué majoritairement aux programmes européens. Ceci a pour conséquence le gel de plusieurs projets du CNES (Dialogue, Géole, Centre spatial guyanais, Diamant B-P4) et le transfert progressif vers l'ESA de programmes internes (Météosat, Ariane). Le CNES vit une période socialement et techniquement difficile. En quelques années, il va accomplir sa mutation grâce à l'équipe de direction menée par le Président Hubert Curien et le Directeur général Yves Sillard.

En 1977, les directives du Gouvernement mettent l'accent sur les missions prioritaires de l'établissement qui sont notamment :

Cet objectif est atteint le avec le lancement réussi d'Ariane 1 de la base de Kourou. Le lanceur est amélioré plusieurs fois pour aboutir à Ariane 4 qui assure très vite la majorité des lancements commerciaux. Jusqu'à 2003, 144 Ariane de ces premières générations ont été lancés (dont 116 Ariane 4) avec un taux de succès exceptionnel. Ariane 5, plus puissant, est étudié pour prendre la suite.

Ce sera le projet de satellite SPOT dont l'étude est réalisée au Centre spatial de Toulouse. Il semble bien que ce soit une compensation donnée aux équipes d'ingénieurs de Toulouse que la nouvelle politique a laissés sans programme majeur. La décision est néanmoins judicieuse puisque SPOT va devenir un programme phare du CNES. Cinq satellites ont déjà été lancés et le service est opérationnel depuis 1986. Les satellites militaires Helios sont dérivés des SPOT de dernières générations.

Le programme spatial français et très vite le programme européen ont permis à l'industrie de développer des compétences dans le domaine des équipements composant les lanceurs et les satellites et aussi dans la maîtrise d'œuvre de ces ensembles complexes. Le CNES, maître d'ouvrage, a contribué à l'acquisition de ces compétences et il poursuit cette action notamment sur la Qualité-Fiabilité, les procédures de Management et la formation des jeunes ingénieurs aux techniques spatiales.

Cette décision est revue quelques années plus tard à la demande de la DGT et de TDF souhaitant garder leur autonomie dans ce secteur très concurrentiel. Le CNES lance alors au profit et selon les directives de ces administrations les programmes TELECOM et TDF. Sept satellites Télécom de deux générations sont lancés entre 1984 et 1996. Deux satellites de télévision TDF sont mis en orbite en 1988 et 1990. Dès la fin des années 1980, l'aspect commercial prend le dessus et ce sont les opérateurs qui passent commande à l'industrie (Astra, Eutelsat…).

Les activités du CNES en faveur de la recherche scientifique ne diminuent pas, mais les réductions de budget orientent les réalisations vers des programmes en coopération et vers des expériences embarquées sur des satellites de la NASA, de l'URSS et de l'ESA. On retiendra deux projets marquants qui sont Argos et TOPEX-Poséidon.

Un programme très actif de fusées sondes et de ballons stratosphériques et troposphériques est poursuivi. Il permet aux laboratoires scientifiques de poursuivre leurs recherches et de maintenir des équipes compétentes.

Les années 1980 sont enfin pour le CNES le début des vols habités en coopération avec l'URSS (Jean-Loup Chrétien en 1982) puis les États-Unis (Patrick Baudry en 1985), ouvrant la voie à la médecine spatiale. C'est aussi l'engagement d'études et de travaux pour réaliser la navette Hermès qui doit être mise en orbite par le futur lanceur européen Ariane 5. Hermès, qui mobilise les efforts pendant huit ans, est finalement abandonné en 1993 alors que la recherche spatiale a perdu de son importance avec la fin de la Guerre froide et que la commercialisation des satellites d'application est bien établie. De nombreuses missions de spationautes du CNES se succèdent dans les années 1990, aussi bien sur la navette américaine que sur la station spatiale russe Mir.

Aujourd'hui

Satellite Spot 1 d'observation de la Terre (maquette).

Depuis 2008, le slogan du CNES est De l'Espace pour la Terre, mettant l'accent sur les problématiques liés à la protection de l'environnement est à la mission de service public de l'agence.

Au cours des décennies 2010 et 2020, le CNES développe un nouveau rôle de maitre d’œuvre de l'innovation spatiale française. L'agence multiplie les partenariats public-privés comme pour le développement d'une combinaison intra-véhiculaire avec Spartan Space et Decathlon[3]. Elle finance de plus en plus de projets dirigés par des startups tels le satellite NESS avec U-Space, ou DESIR (Démonstrateur des Éléments Souverains en Imagerie Radar) avec Loft Orbital.

Le Spaceship FR est créé en 2018 au Centre Spatial de Toulouse pour contribuer à la recherche sur les vols habités, et en particulier le retour de l'homme sur la Lune[4]

L'agence soutient le développement de lanceurs français privés innovants via le programme France 2030 en finançant le lancement inaugural des lanceurs développés par 4 startups: Latitude, MaiaSpace, Hybrid Propulsion for Space and Sirius Space Services[5]. L'ensemble de lancement de la fusée Diamant est proposé comme Ensemble de Lancement Multilanceur pouvant accueillir plusieurs microlanceurs issus de startups européennes[6].

Programmes et orientations

Cinq grands programmes

Le CNES travaille en collaboration avec Arianespace (Évry) et l'Agence spatiale européenne (ESA), sur cinq domaines d'activité :

  1. Accès à l'espace (lanceurs)
  2. Terre, environnement et climat (sciences et innovation pour le développement durable)
  3. Applications grand public (télécoms et navigation)
  4. Science et innovation (pour l'astronomie et la physique fondamentale)
  5. Sécurité et défense

Le Centre national d'études spatiales est à l'origine de quantité de projets spatiaux, même si ce n'est pas lui qui fabrique les lanceurs ou les satellites. Dans le cas des lanceurs, après avoir conçu la filière Ariane, le CNES agit aujourd'hui comme autorité de conception et de qualification pour le compte de l'État français qui est l'État de lancement. Le CNES joue aussi le rôle d'assistant au maître d'ouvrage, l'Agence spatiale européenne pour les nouveaux développements.

Lanceurs (accès à l'espace)

Les deux versions du lanceur Ariane 6 : Ariane 62 avec deux boosters à poudre, et Ariane 64 avec quatre boosters (à droite).

Le CNES, pour des raisons historiques, est en Europe l'agence spatiale la plus impliquée dans le développement des lanceurs européens. Le CNES prend en charge une partie de la gestion de la base de lancement de Kourou et les investissements nécessaires pour accueillir les lanceurs Soyouz et Vega. Il participe par ailleurs au développement d'Ariane 6. Enfin, il participe à la réflexion sur le futur lanceur européen en explorant plusieurs thématiques : évolution de la propulsion solide, avionique, propulsion kérosène-oxygène, propulsion oxygène-méthane avec le moteur-fusée Prometheus[7].

Terre, environnement et climat (Développement durable)

Le satellite océanographique franco-américain Jason-2 peu avant son lancement.

Le CNES participe à de nombreuses missions d’observation de la Terre en fournissant des instruments ou au niveau de l'exploitation scientifique des résultats. Il est fortement engagé dans plusieurs missions du programme Living Planet de l'ESA, et mène par ailleurs des missions lourdes en coopération dans le domaine océanographique avec la NASA et développe des micro-satellites en coopération avec l'Inde et la Chine. Plusieurs projets de mission sont à différents stades d'approbation. Les missions auxquelles le CNES participe sont les suivantes[8] :

Parmi les projets de mission figurent :

Applications grand public

Applications scientifiques (sciences et innovations)

Le rover de la mission MSL de la NASA utilise le laser ChemCam développé avec le CNES pour analyser à distance la composition d'une roche (vue d'artiste).

Les projets scientifiques et technologiques du CNES portent sur l'astronomie, l'étude du système solaire, la physique fondamentale et la mise au point de nouvelles techniques spatiales.

Astronomie
Exploration du système solaire
Physique fondamentale
Technologie

Sécurité et défense

Mission de régulation et d'administration

La loi n°2008-518 du 3 juin 2008 relative aux opérations spatiales confère au CNES une mission générale de définition de la réglementation technique relative aux opérations spatiales, qu'elles soient menées par lui ou par des opérateurs privés. Il exerce, au nom du ministère chargé des questions spatiales, un contrôle de la bonne application de ces règlementations. Il est chargé, pour le compte de l'État, de l'immatriculation des objets spatiaux au titre de la Convention sur l'immatriculation des objets lancés dans l'espace extra-atmosphérique.

Groupes de sélection des astronautes

Astronautes du CNES[14]
Groupe de sélection Nom Missions spatiales
Groupe 1 du CNES Drapeau de la France Jean-Loup ChrétienSoyouz T-6, Soyouz TM-7/6, STS-86
Drapeau de la France Patrick BaudrySTS-51-G
Groupe 2 du CNES[15] Drapeau de la France Michel TogniniSoyouz TM-15/14, STS-93
Drapeau de la France Jean-Pierre HaigneréSoyouz TM-17/16, Soyouz TM-29
Drapeau de la France Jean-François ClervoySTS-66, STS-84, STS-103
Drapeau de la France Jean-Jacques FavierSTS-78
Drapeau de la France Claudie HaigneréSoyouz TM-24/23, Soyouz TM-33/32
Drapeau de la France Frédéric Patataucune mission
Drapeau de la France Michel Visoaucune mission
Groupe 3 du CNES[16] Drapeau de la France Léopold EyhartsSoyouz TM-27/26, STS-122/123
Drapeau de la France Philippe PerrinSTS-111
Drapeau de la France Jean-Marc Gaspariniaucune mission
Drapeau de la France Benoît Silveaucune mission
Groupe 3 de l'ESA Drapeau de la France Thomas PesquetSoyouz MS-03, Crew-2
Groupe 4 de l'ESA Drapeau de la France Sophie AdenotCrew-12
Drapeau de la France Arnaud Prostaucune mission

Statut

Le CNES est un établissement public à caractère industriel et commercial doté d'un agent comptable, placé sous la tutelle du ministère de la Recherche et de celui des Armées. Son statut est fixé par le chapitre Ier du titre III du livre III (articles L.331-1 à L.331-8) du code de la recherche et par le décret no 84-510 du plusieurs fois modifié[17].

Les grandes orientations du CNES sont fixées par un conseil d'administration qui comprend sept représentants de différents ministères, cinq personnalités qualifiées et six représentants des salariés du CNES. Le conseil d'administration est assisté d'un comité des programmes scientifiques. Le président du conseil d'administration assure aussi la direction générale de l'établissement.

Budget

Le budget du CNES pour 2024 s'élève à 2,370 milliards d'euros de diverses sources:

La contribution à l'Agence spatiale européenne de la France via le CNES s'élève à 1,0918 milliard d'euros. Le budget du CNES par habitant est de 36 euros par ans, l'un des plus hauts au monde[18]

A titre indicatif, les dépenses au titre du programme national et multilatéral (investissement, personnel et fonctionnement) de 2014 se ventilent de la manière suivante[19] :

Le solde (48 M€) correspond à la TVA et à la taxe sur les salaires[19].

La participation au programme de l'Agence spatiale européenne se monte en 2017 à 833 M€ auxquels s'ajoutent 91 M€ au titre du PIA Programme français d'investissement public dans la recherche mis en place en 2010 pour stimuler la compétitivité de l'économie. Ces sommes sont réglées par le CNES à l'ESA et sont du fait de la règle du retour géographique dépensée pour l'essentiel auprès des centres de recherche et des industriels français. Le CNES ne gère pas le budget versé à l'organisation européenne EUMETSAT responsable du système météorologique spatial ; le budget 2014 correspondant (43 M€) est reversé par Météo-France à l'organisme européen[19].

Ventilation du budget spatial français 2014 par domaine d'activité[19]
Domaine d'activité Budget total Part Agence Montant Exemples de projets et missions
Lanceurs 703 M€ 32,6 % CNES 328 M€ Lanceurs Ariane 5, Ariane 6, Vega, installations de la base de lancement de Kourou
ESA 375 M€
Sécurité et défense 316 M€ 14,6 % CNES 316 M€ Syracuse; Helios, Pléiades, Athéna-Fidus, CSO, CERES
Exploration du système solaire, astronomie, cosmologie, physique 291 M€ 13,5 % CNES 181 M€ Microscope, Pharao, SVOM , InSight
ESA 110 M€ Rosetta, BepiColombo, Solar Orbiter, Gaia, Euclid, PLATO, Programme ExoMars, Curiosity, JUICE
Observation et étude de la Terre et du climat 227 M€ 10,5 % CNES 116 M€ SARAL, CFOSAT, Taranis, SWOT, Vénμs, MERLIN
ESA 111 M€ ADM-Aeolus, EarthCARE, Biomass
Télécommunications, navigation 129 M€ 6 % CNES 41 M€ ThD-SAT
ESA1 88 M€ Galileo, EDRS, programme ARTES
Programme spatial habité 106 M€ 4,9 % ESA 106 M€ Participation à la Station spatiale internationale, ATV
Recherche technologique (PIA part CNES) 63 M€ 2,9 % CNES 63 M€ Ariane 6 : 3,4 M€, Plateforme géostationnaire 22,2 M€, Très haut débit 14,8 M€, SWOT 11,9 M€, Myriades Evolutions 4,5 M€
Météorologie 43 M€¹ 2 % EUMETSAT 43 M€ MetOp-A, MTG
Autres dépenses 282 M€ 13,1 % CNES 256 M€ Directions centrales, ressources mutualisées, taxes
ESA 26 M€ Directions centrales
¹Pour information : ce budget ne transite pas par les comptes du CNES

Filiales et participations

Le CNES a une participation majoritaire dans deux sociétés[20]. :

Il a créé conjointement avec l'IGN la société Spot Image (aujourd'hui Airbus DS Geo à la suite de son rachat par Airbus Defence and Space) pour exploiter commercialement les satellites SPOT et Pléiades.

Le CNES détenait une participation de 34,81 % dans Arianespace, qui commercialise les lancements des fusées Ariane 5, Vega et certains des vols de Soyouz jusqu'en 2015, date à laquelle il a cédé ses parts à la sociéte ArianeGroup[21].

Le CNES a également une participation de 40 % dans la Société Immobilière de Kourou (SIMKO), une société d'économie mixte qui fut créée initialement pour gérer la construction et la gestion des logements des agents du CNES à Kourou.

Sites

L'activité du CNES est répartie entre quatre sites : le site principal à Toulouse, le Centre spatial guyanais (CSG) situé à Kourou dans le département de la Guyane, la direction des lanceurs dans le douzième arrondissement de Paris et le siège social dans le 1er arrondissement de Paris. Les effectifs sont en 2023 de 2 351 salariés.

Centre spatial de Toulouse

Le Centre spatial de Toulouse s'étend sur une cinquantaine d'hectares dans la zone de Rangueil-Lespinet. Proche du site historique de Montaudran (Aéropostale), il est au centre d'un vaste complexe scientifique et universitaire à vocation aérospatiale où se trouvent notamment des Écoles (université Paul-Sabatier, ISAE (Sup Aéro), ENAC, IAS, INSA.), des Laboratoires (ONERA, LAAS, CESR, OMP (LEGOS, DTP), GRGS, CESBIO…) l'Institut de Recherche Technologique IRT Saint Exupéry et des entreprises aérospatiales (Airbus Defense and Space, Thales Alenia Space, Spot Image, CLS-Argos, Intespace…). Ses missions couvrent, à l'exception des lanceurs et de leurs lancements, l'essentiel des tâches techniques et d'assistance aux scientifiques qui sont de la responsabilité du CNES. On distingue dans ses activités :

  1. La gestion des projets.
  2. Les études de recherche et technologie.
  3. Les centres d'opérations pour les mises à poste et le contrôle des satellites en orbite.
  4. Les moyens informatiques et d'études mathématiques
  5. Les activités de support : administration, logistique et communication.

Il héberge entre autres le Centre d'aide au développement des activités en micro-pesanteur et des opérations spatiales (CADMOS). Le centre de Toulouse regroupe 1 736 personnes en 2023 dont une majorité d'ingénieurs et cadres[22].

Centre spatial guyanais

Zone de lancement Ariane 5 au centre spatial de Kourou.

Le Centre spatial guyanais (CSG), créé en 1964, est la base de lancement d'où décollent tous les lanceurs mis en œuvre par l'Agence spatiale européenne : Ariane, Soyouz et Vega. C'est une mission complexe, où le CNES met à la disposition de l'Agence spatiale européenne et d'Arianespace une base spatiale fiable, sûre, performante, et garantit au nom de la France la sécurité des biens et des personnes. Le site de Kourou possède une position géographique exceptionnelle, proche de l'équateur, ce qui autorise des lancements vers l'est (en bénéficiant de la vitesse d'entraînement de la Terre) ou le nord dans des conditions de sécurité maximales : le lanceur ne survole aucune terre sur 4 000 km. Le centre de Kourou regroupe 253 personnes en 2023[22].

Paris Daumesnil – Direction des lanceurs

Depuis 2011, la Direction des lanceurs (DLA) est située dans le 12e arrondissement à Paris Daumesnil. Elle siégeait à l'origine à Brétigny-sur-Orge avant de déménager à Évry. En 2011, elle déménage à nouveau, dans le nouveau site du 12e arrondissement à Paris Daumesnil. La DLA assure le développement des lanceurs Ariane et accompagne la phase de production industrielle pour le compte d'Arianespace. Elle est responsable du premier étage du lanceur Vega et est le maître d'œuvre du pas de tir de Soyouz en Guyane. Elle prépare l'avenir en travaillant sur les nouvelles générations de lanceurs et de systèmes de propulsion. La Direction des lanceurs regroupe 182 personnes en 2023[22].

Siège à Paris

La direction du CNES siège à Paris. Elle emploie 180 personnes en 2023[22].

Culture et communication

Depuis sa création, le CNES développe une politique culturelle tournée vers l'information des différents publics et, depuis quelques années, vers la création artistique.

Identité visuelle

Actions vers les jeunes

Le CNES a depuis son origine développé une politique volontariste d'information de la jeunesse par de nombreux moyens pédagogiques (animations, publications, expositions, activités expérimentales, formations, site web…)[23]. Pour ses actions jeunesse, le CNES travaille en partenariat avec des acteurs de culture scientifique et technique parmi lesquels l'association Planète Sciences, le réseau des CCSTI et des structures locales comme l'Association PARSEC qui diffuse l'information scientifique sur la Côte d'Azur (en 1986, une convention de partenariat[24], a été signée, elle a été renouvelée en 2001[25]). En , la direction des lanceurs du CNES lance le Projet Perseus au Salon international de l'aéronautique et de l'espace du Bourget. Ce programme, à visée pédagogique, a pour but de mobiliser des étudiants sur des projets spatiaux tels que la création d'un lanceur[26].

Depuis 2021, le CNES mène une stratégie de communication à objectif informationnel et pédagogique sur plusieurs réseaux sociaux. Des évènements diffusés en direct sur Twitch sont régulièrement organisés. Ces évènements peuvent être ludiques (participation à des jeux de rôles ainsi que des jeux vidéo) ou pédagogiques (discussion avec des ingénieurs et experts techniques du CNES)[27].

Observatoire de l'Espace

L'Observatoire de l'Espace, créé en 2000, est une structure du CNES qui a pour vocation de faire découvrir l'Espace au-delà de ses dimensions scientifiques et techniques, comme un pan de notre culture et de notre quotidien[28]. Il montre la place qu'occupe l'Espace dans notre histoire, nos représentations et notre imaginaire. L'Observatoire de l'Espace réalise des inventaires[29], rassemble des corpus d'archives sur des sujets liés à l'Espace et édite des ouvrages[30], notamment la revue Espace(s), et soutient la création artistique à travers son programme "Création et imaginaire spatial"[31] et le festival Sidération.

Présidents successifs

Notes et références

  1. « Recherche et enseignement supérieur », sur Liste des rapports d'information de l'année parlementaire 2022
  2. Journal officiel de la République française du 20 décembre 1961, p. 11665.
  3. (en-US) Andrew Parsonson, « CNES, Decathlon, Spartan Space and MEDES to Develop Spacesuit », sur European Spaceflight, (consulté le )
  4. « Spaceship », sur cnes.fr
  5. (en-US) Andrew Parsonson, « France Expected to Commit €400M to Support Four Launch Startups », sur European Spaceflight, (consulté le )
  6. (en-US) Andrew Parsonson, « CNES to Fill Commercial Launch Facility Vacancy Left by MaiaSpace », sur European Spaceflight, (consulté le )
  7. « Rapport d'activité 2010 : accès à l'espace » [PDF], CNES, .
  8. « Rapport d'activité 2010 : terres, environnement et climat » [PDF], CNES, .
  9. « Coopération spatiale entre la France et la Chine - Succès de la mise en orbite de CFOSat », sur presse.cnes.fr.
  10. (en) Pierric Ferrier, Philippe Crebassol, Gérard Dedieu et Olivier Hagolle, « VENµS (Vegetation and environment monitoring on a new micro satellite) », 2010 IEEE International Geoscience and Remote Sensing Symposium, , p. 3736–3739 (DOI 10.1109/IGARSS.2010.5652087, lire en ligne, consulté le ).
  11. 1 2 « Rapport d'activité 2010 : applications grand public », CNES,
  12. « Svom », sur Svom
  13. « Un nouveau satellite pour mettre à l’épreuve Galilée, Newton et Einstein », sur Le Monde,
  14. Les astronautes français
  15. Egalement Groupe 1 de l'ESA
  16. Egalement Groupe 2 de l'ESA
  17. Décret du 28 juin 1984 relatif au Centre national d'études spatiales.
  18. « Budget du CNES », sur cnes.fr
  19. 1 2 3 4 « PLF 2015 - EXTRAIT DU BLEU BUDGÉTAIRE DE LA MISSION : RECHERCHE ET ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR :recherche spatiale », Ministère des finances français,
  20. « Rapport d'activité 2012 : ressources financières », CNES,
  21. Michel Cabirol, « Arianespace : l'Etat signe la vente de ses parts à Airbus et Safran », La Tribune, (lire en ligne, consulté le )
  22. 1 2 3 4 « Le CNES en bref », CNES (consulté le )
  23. « De l'espace pour les jeunes - CNES »
  24. « Convention de 2001 »
  25. Alain Bensoussan, président du Centre national d'études spatiales, signe, le 23 juin 2001, la convention PARSEC, texte intégral sur Association PARSEC
  26. « Site web du projet perseus »
  27. « CNES_France », sur Twitch (consulté le )
  28. Laurent Carpentier, « Les lois de la légèreté universelle », Le Monde, (lire en ligne)
  29. « Cosmothropos, réflexions sur un inventaire contemporain | Territoire des images », sur culturevisuelle.org (consulté le )
  30. « CNES - L'Observatoire de l'espace », sur cnesobservatoire-leseditions.fr (consulté le )
  31. « Présentation de la collaboration avec les artistes et écrivains », sur cnes-observatoire.net (consulté le )
  32. « Philippe Baptiste nommé Président du CNES », sur cnes.fr, (consulté le )
  33. « Lionel Suchet » [archive du ], sur cnes.fr (consulté le )
  34. « François Jacq prend la tête du CNES, l’agence spatiale française », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )

Voir aussi

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Bibliographie

Articles connexes

Liens externes