L'étymologie du terme «organique» est historique. La chimie organique était, au début, la chimie des substances formées par les organismes vivants (végétaux, animaux et bactériens) à l’aide d’une mystérieuse «force vitale»[5]. L'étude des composésbiochimiques a conduit les chimistes à éliminer par évaporation l'eau des organismes, et obtenir un poids sec résiduel dont la plus grande partie consiste en molécules carbonées. Quand ils les ont découvertes, ils ont cru que ces molécules carbonées n'existaient que dans les organismes vivants et les ont appelées molécules organiques pour les distinguer des molécules inorganiques du monde inanimé[6].
Une caractéristique du carbone consiste en l’aptitude qu’ont ses atomes à s’enchaîner les uns aux autres, par des liaisons covalentes, avec des formes variant presque à l'infini, pour former des chaînes carbonées d’une grande diversité qui caractérisent les molécules dites «organiques»[7]. Ces enchaînements carbonés constituent le squelette des composés organiques.
Phénoplastes (macromolécules constituées des éléments carbone, hydrogène et oxygène O)
Structure de la BakéliteTM
Composés inorganiques
Les composés inorganiques sont tous les autres composés[3].
Ces composés représentaient, à l'origine, les substances que l'on trouve chez les êtres inanimés du «règne minéral»[5].
Alors que les composés organiques sont formés de liaisons covalentes ou à caractère covalent dominant, les composés «minéraux» sont souvent formés de liaisons ioniques ou à caractère ionique dominant[8],[9].
Remarques:
Les allotropes du carbone, tels que le diamant et le graphite, structures elles-mêmes basées sur des enchaînements d’atomes de carbone, n’appartiennent pas à la famille des composés organiques. Ce sont en effet des corps simples, constitués du seul élément carbone, et non des composés. Ils sont classés parmi les espèces minérales inorganiques[10];
Certains composés carbonés peuvent être classés parmi les composés inorganiques. Quelques exemples sont fournis plus bas.
Les composés organiques
L'existence des composés organiques est fondée sur l'élément carbone.
Il existe une très grande diversité de composés organiques qui peuvent se rencontrer à l'état solide, liquide ou gazeux. De façon générale, les molécules organiques jouent un rôle important dans les réactions chimiques se produisant dans les organismes vivants et sont au cœur de l'industrie humaine via notamment les produits dérivés du pétrole. La branche de la chimie s'intéressant aux molécules organiques est la chimie organique.
Les molécules organiques contiennent le plus souvent au moins un atome de carbone (C) lié à un atome d’hydrogène (H), mais pas toujours. Il existe des composés organiques qui ne contiennent pas de liaison C-H: l'acide oxalique, l'acide trifluoroacétique, l'hexachloroéthane et l'urée en sont des exemples.
Les composés organiques naturels ont une origine biologique[2].
Les éléments constitutifs des composés organiques
Outre le carbone, les composés organiques ne contiennent qu’un éventail réduit d’éléments:
Une description plus précise de la famille des composés organiques diffère un peu selon les sources. Certaines citent des métaux parmi les éléments constitutifs des composés organiques synthétiques[11],[1].
Des composés carbonés classés parmi les inorganiques
Les carbonates, les bicarbonates et les cyanures sont en général des composés ioniques, dont le caractère est inorganique (voir la section «composés inorganiques»). Ces composés sont des assemblages électriquement neutres de cations et d'anions carbonés classés, en l'occurrence, parmi les entités chimiques carbonées inorganiques: - anions CO32− pour les carbonates, HCO3− pour les bicarbonates et CN− pour les cyanures;
Il existe quelques carbonates organiques (exemples: carbonate d'éthylène, carbonate de diméthyle) et cyanures organiques (exemples: cyanure de vinyle, cyanure de benzyle), qui sont des composés carbonés synthétiques covalents dans lesquels les groupes CO3 et CN ne sont pas des ions.
Une définition au caractère exhaustif
Selon une directive européenne du 11 mars 1999[14], le terme «composé organique» désigne:
La précision «inorganiques» est importante pour exclure les éventuelles formes organiques des composés cités dans les exceptions, comme il a été signalé dans les remarques plus haut.
Le cas des composés organométalliques
Les composés qui possèdent une liaison covalentemétal-carbone entre un ou plusieurs atomes de métal et un ou plusieurs atomes de carbone de groupes «organyles[16]»[17], sont constitutifs d’une chimie appelée organométallique.
Ces composés illustrent le «caractère arbitraire et assez conventionnel dans certains cas»[18] de la distinction entre organique et inorganique:
«Par exemple le développement récent de la chimie des composés organométalliques (composés avec liaison carbone-métal), celui de la chimie bioinorganique (trente éléments sont essentiels pour la vie, dont dix-sept métaux) illustrent le caractère très relatif des frontières séparant chimie minérale, chimie organique, voire biochimie[18].»
Les composés organométalliques combinent en fait des aspects de la chimie organique et de la chimie inorganique. La chimie organométallique «constitue une sorte de pont entre la chimie organique et la chimie inorganique»[19].
Classification
Voici une liste des fonctions de la chimie organique avec, pour chacune d'elles, un exemple avec formule, nom et numéro CAS.
Pour les différentes représentations ci-dessous, voir «représentation des molécules» et «formule topologique».
Composés carbonés (hydrocarbones ou carbures d'hydrogène)
Dans ce cas, la fonction monovalente est celle où chaque carbone concerné est lié à un seul atome qui ne soit ni le carbone ni l'hydrogène, appelé un hétéroatome.
Les composés aromatiques contiennent un cycle d'atomes de carbone du type de celui du benzène ou similaire. Si le cycle contient un atome autre que du carbone, on parle d'hétérocycle.
↑Monoxyde de carbone (CO), dioxyde de carbone (CO2). D'autres oxydes de carbone, inorganiques et organiques, sont présentés dans un tableau situé dans le bas de page de l’article «oxyde de carbone».
Jacques Angenault, La Chimie – dictionnaire encyclopédique, Éditions Dunod, , 2eéd. (ISBN2100024973).
Paul Arnaud, Cours de chimie organique, Éditions Dunod, coll.«Premier cycle universitaire», , 15eéd. (ISBN2040197168).
Jean-Pierre Mercier et Philippe Godard, Chimie organique - Une initiation, Presses polytechniques et universitaires romandes, (ISBN2880742935).
Peter Atkins et Loretta Jones, Chimie - molécules, matière, métamorphoses, De Boeck Université, , 3eéd. (ISBN2744500283).
Maurice Bernard, Cours de chimie minérale, Éditions Dunod, coll.«Premier cycle universitaire», , 2eéd. (ISBN2100020676).
Raymond Quelet, Précis de chimie: Chimie organique, candidats aux certificats d’études supérieures préparatoires, vol.III, Presses universitaires de France, .
Robert Panico, Jean-Claude Richer et Jean Rigaudy, Nomenclature et Terminologie en Chimie organique, Éditions techniques de l'ingénieur, (ISBN2850590010).
James Huheey, Ellen A. Keiter et Richard L. Keiter, Chimie inorganique, De Boeck Université, (ISBN2804121127).
(en) Louis F. Fieser et Mary Fieser, Introduction to organic chemistry, DC Heath and Company, Boston
Donald J. Cram et George S. Hammond, Chimie organique, Gauthier-Villars, Paris, 1965
(pt) Geraldo Camargo de Carvalho, Química orgânica moderna (2 vol.), Livraria Nobel
(pt) Arthur I. Vogel, Química orgánica qualitativa (3 vol.), Ao Livro Técnico, 1971
(en) John H. Fletcher, Otis C. Dermer, Robert B. Fox, Nomenclature of organic compounds. Principe and practice, Advances in Chemistry Series 126-1974